clinical-gastroenterology-and-hepatology-1506

Clinical Gastroenterology and Hepatology

Juin 2015 Docteur Jean-Claude Debongnie

No evidence for efficacy of radiofrequency ablation for treatment of gastroesophageal reflux disease: A systematic review and meta-analysis. S. LIPKA.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2015; 13: 1058-1067.

L’évaluation de nouvelles techniques endoscopiques est difficile… et prend du temps. Plus de 10 ans après la description du traitement du reflux par radiofréquence (STRETTA), cette analyse très complète basée sur 136 références relevées, 31 articles retenus et rien que 4 études randomisées conclut à l’inefficacité du traitement et signale son danger (au moins 4 décès, plusieurs perforations, plusieurs gastroparésies définitives).

 

Esophageal intraluminal baseline impedance differentiates gastroesophageal reflux disease from functional heartburn. A. KANDULSKI.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2015; 13: 1075-1081.

La microarchitecture de la muqueuse oesophagienne est perturbée en cas de reflux avec des espaces intercellulaires dilates et une perméabilité muqueuse accrue. Une évaluation fonctionnelle oesophagienne (endoscopie – impédancepHmétrie – mesure de l’impédance de base) a été réalisée dans 3 groupes de patients: 16 avec une oesophagite érosive – 19 avec un reflux pathologique sans érosion – 17 avec un pyrosis fonctionnel (endoscopie et impédancepHmétrie normales). L’impédance basale est basse dans les deux premiers groupes. On peut donc espérer avoir cette mesure dans le futur, grâce à une sonde endoscopique, ce qui permettrait de classer les patients avec un seul test et aussi d’attribuer malgré tout à un reflux les patients ne répondant pas aux IPP.
L’article suivant confirme ces données, et en ajoute quelques autres.

 

Effects of anxiety and depression in patients with gastroesophageal reflux disease. BF. KESSING.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2015; 13: 1089-1095.

L’anxiété augmente la sévérité des douleurs rétrosternales et du pyrosis en cas de reflux et diminue la qualité de vie. La dépression n’a pas d’effet.

 

Development and validation of a scoring system to identify patients with microscopic colitis. JS. KANE.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2015; 13: 1125-1131.

Cette étude écossaise a analysé rétrospectivement 476 patients avec diarrhée chronique et biopsies à la recherché de caractéristiques cliniques permettant d’identifier les patients avec une colite microscopique. Un score a été développé et validé de façon prospective chez 460 patients. Le score inclut: un âge > 50 ans (+13) – le sexe féminin (+4) – l’usage d’IPP (+6) ou d’AINS (+11) – l’amaigrissement (+4) – des douleurs abdominales (-8). Un score supérieur ou égal à 8 permet d’identifier 90% des patients avec une colite microscopique. Cela permettait d’économiser les biopsies coliques et leur coût (chiffré dans l’article) en cas de muqueuse normale. Chez un patient jeune, de sexe masculin, ayant diarrhées et douleurs abdominales, il ne faut pas rechercher une colite microscopique (mais peut-être une maladie de Crohn).

gastrointestinal-endoscopy-1506

Gastrointestinal Endoscopy

Juin 2015 Docteur Jean-Claude Debongnie

Balancing risk and reward: a critical review of the intragastric balloon for weight loss. SH. GAUR.

GASTROINTEST ENDOSC 2015; 81: 133-1336.

Dans les années 80, le ballon intragastrique a fait fureur dans le traitement de l’obésité aux USA, certains médecins ne faisant plus que cela et tout ça sans évaluation sérieuse, sans essais contrôlés. En raison des effets secondaires (migration, fuites, …) et d’évaluations moins optimistes, ces ballons ont été retiré du marché.
Une nouvelle génération de ballons améliorés est apparue. Cette analyse critique basée sur 436 articles dont 155 ont fait l’objet d’une évaluation détaillée concerne le modèle le plus fréquent: ORBERA. La pose d’un ballon pendant 3 mois (le max. recommandé est de 6 mois, période après laquelle les complications augmentent) entraine une perte de poids moyenne de 12,9 kg, en association avec régime et exercices physiques (qui, en l’absence de ballon, entrainent une perte de poids de 5 kg). 6 à 12 mois après le retrait du ballon, 52% de la perte de poids persiste. Et si nécessaire, un nouveau ballon peut être posé.
Les auteurs positionnent la technique entre le régime et la chirurgie bariatrique. Elle pourrait être utile quand la chirurgie n’est pas disponible, par exemple en Afrique subsaharienne.

gastroenterology-1506

Gastroenterology

Juin 2015 Docteur Jean-Claude Debongnie

Population – representative incidence of drug-induced acute liver failure based on an analysis of an integerated health care system. DS. GOLDBERG.

GASTROENTEROLOGY 2015; 148: 1353-1361.

Cette étude de population (5 millions en Californie) portant sur 7 ans que 51,6% des hépatites fulminantes sont dues à des médicaments et parmi eux 56% sont dus à la prise de paracétamol (mortalité de 5,6% VS 21,4% pour les autres). Les herbes et compléments diététiques sont responsables de 18,8%.

 

Features and outcomes of 899 patients with drug-induced liver injury: THE DILIN prospective study. N. CHALASANI.

GASTROENTEROLOGY 2015; 148: 1340-1352.

Une étude prospective des atteintes médicamenteuses hépatiques (DILIN = drug induced liver injury network) a relevé entre 2004 et 2013, 899 cas parmi les institutions académiques participant au relevé. Les antibiotiques sont en cause dans 45% des cas, les herbes et compléments alimentaires dans 16%. Parmi les antibiotiques la combinaison amoxicilline clavulanate rend compte de près du quart des hépatotowiques (n=91), suivis par l’isoniazide (n=48), la nitrofurantoine (n=42), la cominaison sulfamethoxazole – trimethoprim (n=31), la minocycline (n=28). La mortalité est plus élevée en cas de maladie préexistante (16% VS 5,2%).

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Gastroenterology

Mai 2015 Docteur Jean-Claude Debongnie

Anxiety is linked to new-onset dyspepsia in the Swedisch population: a 10-year follow-up study. P. ARO

GASTROENTEROLOGY 2015; 148: 928-937

La dyspepsie fonctionnelle est associée à l’anxiété mais lequel causerait l’autre? Cette étude de population suédoise (n=3000) a évalué à 10 ans d’intervalle. Au départ 15,9% des patients étaient dyspeptiques et ceci était associé à l’anxiété (OR x 4,8). Les patients anxieux au départ et non dyspeptiques avaient 7,6 fois plus de risque de développer des plaintes postprandiales au cours des 10 ans. Par contre, aucune relation n’a été signalée entre reflux et anxiété.

 

Measurement of fecal calprotectine improves monitoring and detection of recurrence of Cronh’s disease after surgery. EK. WRIGHT.

GASTROENTEROLOGY 2015; 148: 938-947

Cette étude australienne a évalué de façon prospective 135 patients opérés de maladie de Crohn et évalués 6, 12 et 12 mois après l’intervention par le CDAI (Crohn’s Disease Activity Index), la CRP et la calprotectine fécale et par coloscopie après 12 et 12 mois. CRP et CDAI ne montrent pas de corrélation avec la récidive coloscopique au contraire de la calprotectine. Le taux habituel de 50 microgrammes/gramme de selle détecte 96% des récidives (sensibilité), a une haute valeur prédictive négative: 93% mais manque de spécificité (38%) et de valeur prédictive positive (44%). Un seuil de 135 a une sensibilité de 91%, une valeur prédictive négative de 93% mais une meilleure sensibilité: 62%. En cas de récidive endoscopique, la calprotectine fécale va chuter après traitement et est donc utile pour suivre son efficacité.
L’éditorial accompagnant l’article propose d’adapter la surveillance post-opératoire en fonction du risque. En cas de risque élevé, la coloscopie est indiquée après 6 mois et est à répéter. En cas de risque modéré, on dose la calprotectine tous les 3 à 6 mois et une coloscopie est réalisée si la calprotectine est supérieure à 50. En cas de risque faible, même chose mais avec un seuil de 100.

 

Accuracy of capsule colonoscopy in detecting colorectal polyps in a screening population. DK REX.

GASTROENTEROLOGY 2015; 148: 948-957.

Cette étude de 884 patients américains évalué par une capsule de 2ième génération et par coloscopie montrent une sensibilité de 88% pour les polypes adénomateux de plus de 6 mm mais de 26% pour les polypes dentelés (servated polyps).

 

Decreasing mortality among patients hospitalized with cirrhosis in the United States from 2002 through 2010. ML. SCHMIDT.

GASTROENTEROLOGY 2015; 148: 967-977.

Sur 10 ans, la mortalité hospitalière des cirrhotiques (781.515 patients) a été réduite de moitié (de 9,1 à 5,4%) malgré une augmentation de l’âge et des comorbidités.

 

Association between psychological distress and liver disease mortality: A meta-analysis of individual study participants. TC. RUSS.

GASTROENTEROLOGY 2015; 148: 958-966.

Une large analyse de 166.631 patients au Royaume Uni montre que la détresse psychologique multiplie par près de 3 le risqué de mortalité même s’il est difficile de savoir où est l’œuf et où est la poule, c’est un facteur dont il faut tenir compte.

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Clinical Gastroenterology and Hepatology

Mai 2015 Docteur Jean-Claude Debongnie

Categorization of patients with reflux symptoms referred for pH and impedance therapy while off therapy. FKF CHENG.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2015; 13: 867-873.

221 patients traits par IPP pour un reflux et répondant mal au traitement ont été évalués après min 1 semaine sans médication. L’évaluation a inclus: endoscopie – manométrie – monitoring de 24h par impédance – pHmétrie. Les résultats ont réparti les patients en oesophagite érosive: 10% – pHmétrie anormale (reflux acide > 4,2% sans oesophagite érosive): 27% – impédance anormale sans reflux acide: 8% – troubles fonctionnels: 22% – diagnostic indéterminé: 19%. EN CONCLUSION: Près d’un patient sur deux avec des symptômes réfractaires n’a pas de reflux.

 

Parameters on esophageal pH-impedance monitoring that predict outcomes of patients with gastroesophageal reflux. A. PATEL.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2015; 13: 884-891.

187 patients avec des symptômes de reflux persistants sous IPP ont été évalués par pH-impédancemétrie de 24h, dont la moitié était toujours sous traitement. Après une moyenne de 40 mois, les symptômes ont été réévalués. Le temps d’exposition de l’œsophage à l’acide (et donc la pHmétrie de 24h) est le meilleur « prédicteur » de bonne réponse au traitement, qu’il soit chirurgical ou médical et est plus prédictif chez les patients en l’absence d’IPP. A nouveau, il ne semble pas y avoir de reflux chez près de la moitié des patients (reflux acide 34% – reflux par impédancemétrie 55%, examen qui prédit moins bien la réponse au traitement).

High dose dual therapy is superior to standard first-line therapy for Helicobacter infection. JC. YANG.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2015; 13: 895-905.

L’efficacité des traitements d’éradication de H.pylori ont diminué en raison de la résistance croissante au metronidazole, à la clarythromycine et à la lévofloxacine. Cette étude de Taiwan a testé 450 patients (endoscopie – biopsies – culture avec évaluation des résistances – test à l’urée) et les a répartis en 3 groupes thérapeutiques: bithérapie à haute dose pendant 14 jours (rabéprazole 20 mg – amoxicilline 750 mg – 4 fois par jour) – thérapie séquentielle de 10 jours (rabéprazole 20 mg x 2 – amoxicilline 1 g x 2 pendant 5 jours suivi de rabéprozole 20 mg x 2 – metronidazole 500 mg x 2 – clarithromycine 500 mg x 2 pendant 5 jours) – triple thérapie de 10 jours (rabéprazole 20 mg x 2 – amoxicilline 1 g x 2 – clarythromycine 500 mg x 2). Les taux d’éradication sont: 95,3% pour la bithérapie – 85,3% pour la thérapie séquentielle – 80,7% pour la trithérapie. S’il est confirmé, ce résultat est important puisque le traitement inclut un seul antibiotique pour lequel le taux de résistance est minime. Prudence cependant: il y a 20 ans, la même bithérapie (à faible dose) donnait 90% d’éradication… chutant à 40% dans les essais ultérieurs !

Risk of upper and lower gastrointestinal bleeding in patients taking nonsteroidal anti-inflammatory agents or anticoagulants. A. LANAS.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2015; 13: 906-912.

Cette large étude comparant 1008 patients avec hémorragie digestive confirmée d’origine haute dans la moitié des cas, d’origine basse dans l’autre moitié avec 1008 cas contrôle montre que anticoagulants, AINS, aspirine à faible dose, antiagrégants plaquettaires provoquent aussi facilement des hémorragies digestives basses que hautes: anticoagulants (RR x 4,4 VS 4,2) – aspirine (2 VS 1,7) – AINS (1,4 VS 2,6) – antiagrégants (2,2 VS 1,8). Les anticoagulants sont le plus gros facteur de risque mais comme pour les autres médications, la prescription d’IPP diminue fortement les risques au niveau du tractus digestif supérieur.

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Gastrointestinal Endoscopy

Mai 2015 Docteur Jean-Claude Debongnie

Endoscopic bariatric therapies. STATUS EVALUATION REPORT.

GASTROINTEST ENDOSC 2015; 81: 1073-1086.

Cet article en suit un autre (guideline) traitant de l’endoscopie après chirurgie bariatrique qui suggère fortement l’usage d’une opacification (gastrographine) en cas de suspicion de fistule – une endoscopie en cas de douleurs, nausées ou vomissements – une dilatation de sténose symptomatique de max 15 mm (à évider en cas d’anneau). L’article souligne le rôle potentiel de l’endoscopie thérapeutique bariatrique puisque seul 1% des candidats sont opéré. L’article inclut pas moins de 13 dispositifs (5 types de ballon – aspiration – 2 types de « sleeve »). A suivre !

 

The role of endoscopy in inflammatory bowel disease. GUIDELINE

GASTROINTEST ENDOSC 2015; 81: 1101-1121.

Un très gros article sur base de 258 références !
Certaines recommandations sont très connues: la nécessité d’une iléoscopie avec multiples biopsies dans l’évaluation initiale d’une suspicion de MICI et avant une escalade thérapeutique – une évaluation endoscopique de l’iléon 6 à 12 mois après chirurgie pour maladie de Crohn.
D’autres le sont moins: l’importance d’une gastroscopie en cas de coloscopie chez l’enfant pour suspicion de MICI car des granulomes peuvent être présents dans 12 à 28% des cas même en cas de coloscopie négative. Chez l’adulte, les biopsies gastriques ou duodénales révèlent plus souvent des granulomes que les biopsies du colon (40 à 68% versus 14 à 55%).
Pour la surveillance, une coloscopie est recommandée après 8 ans pour les colites ulcéreuses s’étendant au-delà du sigmoïde et pour les maladies de Crohn portant sur plus d’1/3 du colon. La fréquence est de max 1/an à min 1/3 ans.

 

Endoscopic biopsy technique in the diagnosis of celiac disease: one bite or two? M. LATORRE     

GASTROINTEST ENDOSC 2015; 81: 1228-1233;

La gastroscopie entraine le prélèvement des biopsies, et souvent des biopsies multiples. Plusieurs articles publiés il y a une dizaine d’années ont signalés qu’il était possible de réaliser 2 biopsies successives avant de retirer la pince sans perte au niveau diagnostique. En cas de suspicion de maladie coeliaque, de multiples biopsies (min 4) sont recommandées. Quand 2 biopsies sont réalisées avant de retirer la pince, les biopsies ne sont bien orientées que dans 42% des cas (VS 66% en cas de biopsie unique).

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Gastroenterology

Avril 2015 Docteur Jean-Claude Debongnie

Abdominothoracic mechanisms of functional abdominal distension and correction by biofeedback. E. BARBA.

GASTROENTEROLOGY 2015; 148. 732-739.

Le ballonnement visible a été évalué chez 45 patients fonctionnels à l’état basal et au moment du ballonnement: CT scan thoraco-abdominal – EMG du diaphragme, des muscles intercostaux et de la paroi abdominal antérieure. Le ballonnement est objectif: augmentation de 3 cm du périmètre abdominal, associé à une augmentation d’un litre de gaz intra-abdominal. Le ballonnement est associé à: un gonflement de la poitrine – une descente du diaphragme – une relaxation des muscles obliques interne et externe. Le biofeedback guidé par l’EMG a permis de corriger objectivement et subjectivement le ballonnement. Ces données importantes sur le plan physiopathologique doivent bien sûr être confirmés et n’offriraient une piste thérapeutique qu’après échec des mesures diététiques et pharmacologiques standard, insistent les auteurs.

American Gastroenterological Association institute guideline on the diagnosis and management of asymptomatic neoplastic pancreatic cysts. SS. VEGE.

GASTROENTEROLOGY 2015; 148. 819-822.

Cette synthèse basée sur 1500 articles et suivi d’un article technique plus détaillé base sur 250 références simplifie le suivi des kystes pancréatiques. Si le kyste fait moins de 3 cm, est dépourvu de composante solide et n’est pas associé à une dilatation du canal de wirsung, il suffit de contrôler après 1 an, 3 ans et puis 5 ans (dernier examen). Si au moins 2 anomalies sont présentes au départ ou s’il y a changement lors du suivi une échoendoscopie avec ponction est indiquée. Si l’analyse du liquide est rassurante, suivi (par résonance magnétique) après 1 an, 3 ans, 5 ans.
Telles sont les recommandations américaines de l’AGA basées cependant sur des évidences de très faible qualité. Ce qui expliquer les 3 éditoriaux qui accompagnent l’article, et qui apportent des nuances.

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Clinical Gastroenterology and Hepatology

Avril 2015 Docteur Jean-Claude Debongnie

A population-based study of incidence, risk factors, clinical spectrum and outcomes of ischemic colitis. S. YADAV.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2015; 13: 731-738.

Cette étude de la population entourant la Mayo Clinic a comparé 445 cas de colite ischémique (1976-2009) à 900 contrôles. L’incidence a nettement augmenté, de 6,1/100.000 en 1976-1980 à 22,9/100.000 en 2005-2009. Le risque est majoré en cas de pathologie coronarienne (x 2,6) et surtout d’atteinte vasculaire périphérique (x 6,8). La triade symptomatique évocatrice est confirmée: douleurs (73%) – rectorragies (71%) – diarrhée (61%). La mortalité hospitalière est de 11,5% et 17% ont dû être opéré. La récidive est rare (7,5% à 5 ans). La survie à 5 ans est de 59% VS 90% dans le groupe contrôle.

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Gastrointestinal Endoscopy

Avril 2015 Docteur Jean-Claude Debongnie

Colonoscopic polypectomy. TECHNICAL REVIEW. NG. BURGESS

GASTROINTEST ENDOSC 2015; 81: 813-835.

La revue de la société d’endoscopie américaine (GASTROINTEST ENDOSC) présente de plus en plus des « guideline » (par exemple: bowel preparation before colonoscopy – the role of ERCP in benign diseases of the biliary tract) et des « technical review » (the endoscopic management of pancreatic pseudocysts – colonic polypectomy) incluant des vidéos. La revue technique de la polypectomie colique inclut près de 50 photos et 140 références. A retenir: pour les minipolypes (<5mm)) la résection à l’anse froide (sans courant) est conseillée en incluant 1 à 2 mm de tissu normal (la résection à l’aide d’une pince à biopsie sans courant est déconseillée car laissant du tissu près d’une fois sur 2) – les polypes de moins d’1 cm peuvent aussi être réséqués à l’anse sans courant et les anticoagulants ne doivent pas nécessairement être interrompus – pour les polypes pédiculés de plus de 20 mm ou dont le pédicule est de plus de 5 mm un clip ou une anse prophylactique sont conseillés. Etc…

 

In vivo histopathology using endocytoscopy for non-neoplastic changes in the gastric mucosa: a prospective pilot study. H. SATO.

GASTROINTEST ENDOSC 2015; 81: 875-881.

L’endocystoscopie est un examen endoscopique microscopique à l’aide d’un endoscope avec un grossissement de 380. 64 patients ont été examinés, permettant d’affirmer une muqueuse histologiquement normale dans 100% des cas, une gastrite chronique dans 62%, une atrophie dans 40% et une métaplasie dans 100%. Quand la muqueuse est normale, il n’y a jamais de Helicobacter pylori. RAPPEL: une muqueuse histologiquement normale est la preuve absolue de l’absence de HP, les autres cas peuvent être de faux négatifs.

 

The in-hospital mortality rate for upper GI hemorrhage has decreased over 2 decades in the United States: a nationwide analysis. MS. ABOUGERGI.

GASTROINTEST ENDOSC 2015; 81: 882-888.

On a longtemps dit que la mortalité de l’hémorragie digestive haute n’avait pas changé et supposé que ceci était lié à l’âge plus avancé et l’état général plus altéré des patients. Cette étude portant sur 20 ans (1989 à 2009) et sur un grand nombre de patients ‘> 200.000 par an) montre que la mortalité a diminué de 4,5% en 1989 à 2,1% en 2009 (et pour les hémorragies liées aux varices de 10,7% à 5,6%). Cette réduction est plus marquée que la réduction globale de la mortalité hospitalière toutes causes. Cette réduction est associée à une augmentation de l’endoscopie précoce (de 36 à 54%) et de la thérapeutique endoscopique (de 10 à 27%) malgré la réduction de la durée de séjour de 4,5 à 2,8 jours, dont le prix a doublé (de 9249 dollars US à 20370).

 

Emergency video capsule endoscopy in patients with acute severe GI bleeding and negative upper endoscopy results. C. SCHLAG.

GASTROINTEST ENDOSC 2015; 81: 889-895.

88 patients avec du méléna, des selles rouge foncé, une instabilité hémodynamique, une chute d’hémoglobine >> 2 g/jour et/ou un besoin de transfusion de 2 unités ont été inclus dans cette étude allemande. Tous les patients ont eu endéans les 24 heures de leur admission une gastroscopie (tous ont reçu préalablement une injection de 250 mg d’érythromycine IV pour vider l’estomac). La gastroscopie a montré des lésions avec stigmates de saignement récent chez 49 et un saignement actif chez 19. Chez les 20 autres, 500 cc de PEG ont été instillé dans le duodénum et une vidéocapsule placée. Dans 75% des cas (15/20) un diagnostic positif a été possible: angiodysplasie du grêle (n=7), du caecum (n=2), saignement actif sans lésion du grêle (n=4), ulcère du caecum (n=1), sang dans le caecum (n=1). Dans les 5 cas restants, la coloscopie a incriminé au niveau du colon gauche des diverticules (n=2) ou un ulcère (n=1).
Il y aurait donc intérêt à rapprocher la vidéocapsule de l’épisode hémorragique pour révéler les saignements non liés à l’angiodysplasie et qui paraissent sans lésions (et sans lendemain?).

 

Volatile organic compounds in bile for early diagnosis of cholangiocarcinoma in patients with primary sclerosing cholangitis. V. MAVANEETHAM.

GASTROINTEST ENDOSC 2015; 81: 943-949.

Sans doute un article précurseur de tests respiratoires dans le diagnostic de cancer. Dans cet article, des échantillons de bile ont été analysés par spectomètre de masse et ont permis dans 90% (cad chez 10 patients sur 11 ayant un cancer) de faire le diagnostic grâce à 3 composés organiques volatiles (acrylonitile – 3 – methylhexane – benzène).

 

Transmission of carbapenem – resistant Enterobacteriacae during ERCP: time to revisit the current reprocessing guidelines. ZL. SMITH

GASTROINTEST ENDOSC 2015; 81: 1041-1045

ALERTE: Après le diagnostic d’une infection à CRE (Carbapemen Resistant Entorobacteriacae), en fait une infection biliaire à Ecoli MDM-1 chez un patient, les 27 patients ayant eu une duodénoscopie avec le même instrument ont été tracé et 3 d’entre eux ont eu une infection avec le même germe. Et pourtant, les recommandations de désinfection ont été suivies. Des infections à CRE ont ainsi été décrites par le CDC dans 47 états américains.

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Clinical Gastroenterology and Hepatology

Mars 2015 Docteur Jean-Claude Debongnie

Risk stratification of patients with Barrett’s esophagus and low-grade dysplasia or indefinite for dysplasia. PN. THOTA.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2015; 13; 459-465.

Cette analyse a porté sur un groupe de 299 patients suivis une moyenne de 5 ans, porteurs d’un œsophage de Barrett avec une dysplasie légère ou indéterminée. 2/3 ont eu une régression de la dysplasie vers une métaplasie intestinale simple. 2,4% ont évolué vers une dysplasie de haut grade et 0,6% vers un adénocarcinome. Le taux de régression s’élève de 7% pour chaque tranche d’âge de 5 ans, et diminue pour chaque augmentation de 1 cm de la longueur du Barrett. Une surveillance annuelle de ces patients semble donc exagérée et une ablation de la muqueuse métaplasique tout à fait excessive.

Relationship between glycolic control and gastric emptying in poorly controlled type 2 diabetes. AE. BHARUCHA.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2015; 13; 466-476.

30 patients avec un diabète de type 2 mal contrôlé ont eu une évaluation de la vidange gastrique au départ, après une nuit et après 6 mois de contrôle glycémique strict. La vidange gastrique était normale chez 10 d’entre eux, ralentie chez 14 et accélérée chez 6 d’entre eux. Un contrôle strict de la glycémie n’améliore pas la vidange.

Longer examination time improves detection of gastric cancer during diagnostic upper gastrointestinal endoscopy. JL. THE.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2015; 13; 480-487.

La durée d’un examen coloscopique est enregistrée et est devenue un critère de qualité: une coloscopie devrait durer plus de 6 minutes. Rien de tel n’existe pour la gastroscopie. Dans cette étude de 837 patients symptomatiques de Singapour (pays à haute incidence de cancer gastrique), la durée de l’examen a été corrélée au nombre de cancers, et de lésions à haut risque (atrophie, dysplasie, métaplasie) détectées. La moyenne de durée des endoscopies normales était de 6,6 minutes. 8 endoscopistes avaient un temps inférieur à 7 minutes (moyenne 5,5), 8 autres un temps supérieur (moyenne 8,6 min). Un seul cancer a été détecté parmi les endoscopistes rapides contre 10 parmi les endoscopistes lents. Si ces données sont confirmées, il est possible que la durée de l’examen doive être enregistrée et devienne un critère de qualité.

Psychological stress increases risk for peptic ulcer, regardless of Helicobacter pylori infection or use of nonsteroidal anti-inflammatory drugs. S. LEVENSTEIN.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2015; 13; 496-506.

En 1982-1983, un échantillon de population danoise comprenant 3379 adultes ont été évalué sur le plan psychologique (avec entre autres une évaluation du stress), social, comportemental et médical et réévalués en 1987-1988 et ensuite 1993-1994. 66 patients ont développé un ulcère. Le risque d’ulcère était 3,5 fois plus élevé chez les patients avec un taux de stress élevé et ceci, sans relation avec Helicobacter pylori ou la prise d’AINS qui eux aussi multipliaient le risque. Ceci correspond peut-être aux 15-30% d’ulcéreux qui sont sans Helicobacter pylori et qui ne prennent pas d’AINS. Rappel historique: le taux de perforation gastrique à Londres au début des années 40 a doublé pendant les bombardements!

Chronic pancreatitis pain pattern and severity are independent of abdominal imaging findings. C. MEL WILCOX.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2015; 13; 552-560

13 centres experts aux USA ont enregistré prospectivement les données de 518 patients porteurs de pancréatite chronique et ont corrélé les données cliniques concernant la douleur et les données d’imagerie. 15,6% des patients n’avaient aucune douleur. Cinq types de douleur ont été observés: douleurs légères à modérées épisodiques (12,9%) – douleurs constantes, légères à modérées (4,6%) – douleurs sévères épisodiques (18,9%) – douleurs constantes légères à modérées avec épisodes de douleurs sévères (44,2%) – douleurs sévères constantes (3,7%). Il n’y a pas de corrélation entre l’imagerie et le type de douleurs. Par exemple, chez les patients dont l’imagerie suggère une pathologie obstructive n’ont pas plus souvent des crises douloureuses de type lithiasique. Il n’est pas facile cliniquement de distinguer les facteurs obstructifs, inflammatoires et neuropathiques (périphériques ou centraux) expliquant la douleur, ni de prédire les effets bénéfiques potentiels des thérapeutiques endoscopiques.