Gastrointestinal Endoscopy

Août 2017 Docteur Jean-Claude Debongnie

The colonoscopit’s guide to the vocabulary of colorectal neoplasia: histology, morphology and management. REVIEW D.REX

GASTROINTEST ENDOSC 2017; 86: 253-263.

Un guide utile pour la terminologie actuelle des polypes.

Des termes à éviter : cancer in situ – adénocarcinome intra-muqueux et à remplacer par dysplasie de haut grade. La muqueuse colique est dépourvue de lymphatiques et seule l’invasion de la sous-muqueuse définit le cancer du côlon. Petit avertissement : dans les polypes de moins d’1 cm, le diagnostic d’éléments villeux et de dysplasie n’est pas fiable et n’est donc plus retenu par la British Society of Gastroenterology dans les guidelines de surveillance post-polypectomie.

 

Outcomes and quality-of-life assessment after gastric per-oral endoscopic pyloromyotomy. S. DACHA.

GASTROINTEST ENDOSC 2017 ; 86 :282-289.

Dans une série de 16 patients souffrant d’une gastroparésie sévère, ne répondant pas au traitement médical, une myotomie endoscopique du pylore (semblable au traitement endoscopique de l’achalasie-POEM) a été réalisée avec succès et sans complication (durée moyenne 50 min). 81% ont eu une amélioration significative des symptômes, amélioration persistant après 12 mois.

La rétention gastrique (scintigraphie) à 4h, passe de 62.5% à 25.4%.

 

Role of EUS in patients with suspected Barrett’s esophagus with high-grade dysplasia or cearly adenocarcinoma: impact on endoscopic therapy. MF BARTEL.

GASTROINTEST ENDOSC 2017 ; 86 : 292-298.

Dans ce groupe de 335 porteurs de Barrett avec dysplasie de haut grade ou cancer précoce, l’écho-endoscopie à un rôle limité. Dans la prédiction d’un stade TN justifiant une chirurgie ou plutôt un traitement endoscopique, sa sensibilité est de 50% et sa valeur prédictive positive 40% !

 

Accuracy of biopsy for the preoperative diagnostis of superficial nonampullary duodenal adenocarcinoma. S. KINOSHITA.

GASTROINTEST ENDOSC 2017 ; 86 : 329-332.

Dans cette série japonaise de 95 patients avec une tumeur duodénale superficielle (à l’exclusion des tumeurs ampullaires), la biopsie se trompe souvent et peut entraîner une fibrose de la paroi duodénale rendant plus compliquée la résection endoscopique, nécessitant alors une dissection sous-muqueuse.

Ainsi, parmi les 75 biopsies diagnostiquant un adénome, 20% des lésions renfermaient un carcinome. Prudence donc dans la réalisation de biopsies et dans les conclusions.

 

Comparison of a split dose bowel preparation with 2 liters of polyethylene glycol plus ascorbic acid and 1 liter of polyethylene glycol plus ascorbic acid and bisacodyl before colonoscopy. SH KANG.

GASTROINTEST ENDOSC 2017; 86: 343-348.

A peine croyable ! Un groupe de 100 patients ayant pris 10 mg de bisacodyl la veille de l’examen et 1l de PEG + acide ascorbique (préparation coréenne) suivie d’1l d’eau se terminant 2h avant l’examen arrive à une préparation excellente dans 29% des cas et bonne dans 41% des cas (Boston Bowel Preparation Scale).

 

Gastroenterology

Juillet 2017 Docteur Jean-Claude Debongnie

Complications of proton pump inhibition therapy. MF VAEZI.

GASTROENTEROLOGY 2017; 153: 35-48.

Ces dernières années, de multiples complications ont été attribuées aux IPP qui vont de l’ostéoporose à la démence, en passant par la néphrite interstitielle, l’infarctus etc…

L’article analyse les différentes complications en fonction des critères de causalité de HILL : force de l’association – reproductibilité – spécificité – temporalité – gradient biologique – plausibilité biologique – cohérence – expérimentation – analogie. Les différentes complications ne remplissent que très partiellement les critères de causalité (à l’exception des polypes glandulokystiques gastriques). La majorité des études sont des études d’observation, avec un risque majoré de complication de moins de 1%. Néanmoins, vu le grand nombre de patients traités, il faut rappeler les règles de prudence de bon sens : utiliser la plus petite dose d’IPP nécessaire et la limiter dans le temps (tous les refluxeurs n’ont pas besoin d’un traitement chronique).

 

Increased rate of adenoma detection associates with reduced risk of colorectal cancer and death. MF KAMINSKY

GASTROENTEROLOGY 2017; 159: 98-105.

La Pologne a un programme national de screening coloscopique bénéficiant d’un registre. 146.800 coloscopies ont été réalisées par 294 endoscopistes entre 2004 et 2008. Un taux de détection d’adénomes élevé est associé à une réduction de cancer d’intervalle (càd survenant avant la coloscopie de contrôle recommandée) de 1/3. En comparant les endoscopistes maintenant ou atteignant (s’améliorant au cours du temps) les meilleurs résultats (taux de détection d’adénomes >25%) à ceux qui ne s’améliorent pas, une réduction de ¾ de cancers d’intervalle est obtenue.

 

Colorectal cancer screening: Recommendations for physicians and patients from the US multi-society task force on colorectal cancer. D REX.

GASTROENTEROLOGY 2017; 153: 307-323.

Les tests de dépistage de 1er niveau sont (à partir de 50 ans) la coloscopie tous les 10 ans ou le test immunologique fécal tous les ans. Le second niveau inclut la coloscopie virtuelle tous les 5 ans, le test fécal tous les 3 ans, la sigmoïdoscopie tous les 5 à 10 ans. L’arrêt du screening chez les personnes ayant eu un screening négatif préalable est à 75 ans ou quand l’espérance de vie est de moins de 10 ans. En l’absence de screening préalable, le screening peut être envisagé jusque 85 ans. Un screening tous les 5 ans est recommandé à partir de 40 ans (et non pas 50) en cas d’histoire familiale de cancer ou d’adénome avancé (càd >1 cm ou à composante villeuse) chez un proche, survenant avant 60 ans. En cas de cancer d’un proche après 60 ans, un screening normal est conseillé à partir de 40 ans

Clinical Gastroenterology and Hepatology

Juin 2017 Docteur Jean-Claude Debongnie

Incidence and prevalence of Crohn’s disease and ulcerative colitis in Olmsted Country, Minnesota from 1970 through 2010.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2017; 15: 857-863.

Comme toute la population de « Olmsted Country » est traitée à la Mayo Clinic et un hôpital affilié, des études d’incidence et de prévalence sont possibles. Ainsi, un registre des MICI existe depuis 1935. Entre 1970 et 2010, l’incidence et la prévalence de la maladie de Crohn et de la colite ulcéreuse ont continué à augmenter. Ensemble, elles touchent 0,5% de la population étudiée, prévalence élevée qui, extrapolée à l’ensemble des Etats-Unis inclurait 1,6 million de cas.

 

Changes in presentation of celiac disease in Ireland from the 1960s to 2015. P. DOMINGUEZ CASTRO

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2017; 15: 864-871.

Une analyse retrospective des dossiers de coeliaques diagnostiqués entre 1960 et 2015 dans 5 centres de reference en Irlande a inclus 749 patients. Les changements concernent: le tableau clinique classique (85% avant 1985 – 48% après 2010) – la prevalence des maladies thyroïdiennes associées (36,6% VS 17,1%) – l’âge du diagnostic chez les adultes (34 ans VS 45) – le BMI (21,5 VS 24,8 kg/m²).

Fecal immunochemical test detects sessile serrated adenomas and polyps with a low level of sensitivity. LC. CHANG.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2017; 15: 872-879.

Les polypes festonnés (serrated) sont à l’origine d’1/3 des cancers du colon et sont à l’origine de bien des cancers d’intervalle cad entre 2 coloscopies de dépistage. Ils sont plus souvent plans et plus frequents dans le colon droit, et donc plus difficiles à détecter. Cela explique peut-être les résultats de cette étude réalisée à Taiwan. Le test immunochimique (FIT), plus sensible que l’Hemoccult ne détecte que 12,3% des polypes festonnés alors qu’il détecte 32,4% des adénomes significatifs.

L’éditorial accompagnant l’article insiste sur l’importance du dépistage don’t la modalité (coloscopie ou FIT) doit être celle que le patient a le plus de chance de réaliser.

 

Increased post-procedural non-gastrointestinal adverse events after outpatient colonoscopy in high-risk patients. DA. JOHNSON

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2017; 15: 883-891.

Les auteurs, à partir d’une large base de données américaine, ont analysé 82025 coloscopies chez des patients à risque (comorbidité pulmonaire – prise de medications antithrombotiques – âge > 60 ans) et les ont comparé à des patients sans facteur de risqué. Les complications cardiaques, pulmonaires et cérébrales survenant dans le mois qui suit ont été relevées. Celles-ci sont 7 fois plus nombreuses en cas de prises d’antithrombotiques, 2 fois en cas de pathologie pulmonaire, 6 fois plus nombreuses après 70 ans (5% VS 0,7% avant 60 ans – cad un risque plus élevé que l’hémorragie ou la perforation).

Cette étude est importante car elle attire notre attention sur des risques que nous ne voyons pas.

 

Predicted increases in incidence of colorectal cancer in developed and developing regions in association with ageing population. KKF. TSOI.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2017; 15: 892-900.

 Les données extraites de l’Agence Internationale de Recherche sur le cancer ont permis d’analyser 118 populations issues de 102 registres du cancer. Les projections sont les suivantes: reduction de l’incidence aux USA (16,3%) – augmentation modérée au Royaume Uni et en Suède (4,8 et 4,7%) – forte augmentation dans d’autres regions (60,5% en Chine – 47% en Croatie).

 

Decrease in incidence of colorectal cancer among individuals 50 years of older after recommandations for population-based screening. CC. MURPHY.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2017; 15: 903-909.

Sur une période de 30 ans, depuis 1975, parmi la population américaine de plus de 50 ans, l’incidence du cancer colorectal a diminué de 40% dans la population blanche, de 26% dans la population noire. Ceci est lié au dépistage (dans les années 80, l’Hemoccult a été propose et ultérieurement la coloscopie) mais pas uniquement puisque la diminution a commencé un peu avant le dépistage.

Par contre, l’incidence a augmenté d’1/3 avant 50 ans, tout en restant faible.

Clinical Gastroenterology and Hepatology

Mai 2017 Docteur Jean-Claude Debongnie

Digital cohorts within the social mediome: An approach to circumvent conventionnel research challenges A. KULANTHAIVEL.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2017 ; 15 :614-618.

Pour les maladies rares, il est difficile de réunir assez de patients pour préciser leurs différents aspects et tester des traitements.

Les auteurs, à l’aide de Facebook et Twitter, ont créé un réseau de recherche pour l’hépatite auto-immune, ce qui leur a permis de réunir 1500 patients sur 2 ans.

 

White paper AGA: POWER-Practice guide on obesity and weight management, education and resources. A. ACOSTA.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2017; 15: 631-649.

« L’épidémie de l’obésité se poursuit à une vitesse alarmante », première phrase de l’article qui résulte d’un travail conjoint de différentes sociétés : gastro – pédiatrie – nutrition – chirurgie bariatrique. L’article est un guide pratique : POWER : Practice Guide on Obesity and Weight management, Education and Resources. Comme les conséquences digestives de l’obésité (reflux – stéatohépatite – etc..) sont plus fréquentes et plus précoces que le diabète et les maladies cardiovasculaires, le gastroentérologue est en première ligne. Ce guide pratique insiste sur l’importance d’un team multidisciplinaire, sur l’individualisation du traitement dont les bases sont le régime, le changement de comportement et l’activité physique et qui inclut la pharmacothérapie, l’endoscopie bariatrique et la chirurgie bariatrique.

 

Endoscopic bariatric and metabolic therapies: Surgical analogues and mechanism of action. P. JIRAPIMIO

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2017 ; 15 : 619-630.

Comme l’indique le titre, plusieurs techniques endoscopiques s’inspirent de la chirurgie bariatrique avec de bons résultats. D’autres techniques sont explicitées : le ballon intragastrique (technique plus simple) et l’aspiration gastrique (aspiration postprandiale par une sorte de gastrostomie).

Association between response to acid-suppression therapy and efficacy of antireflux surgery in patients with extraoesophageal reflux. JT. KRILL.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2017 ; 15 : 675-681.

Cette étude rétrospective a porté sur 115 patients (2/3 avec un reflux typique – 1/3 avec des manifestations extra-œsophagiennes : toux – raucité – asthme) opérés pour reflux et suivis plus de 5 ans. L’opération donne de très bons résultats (>90% à 1 an) en cas de reflux typique répondant aux IPP. Les résultats sont moins bons en cas de reflux typique ne répondant aux IPP (78.9%). En cas de manifestations extra-œsophagiennes, les résultats sont moins bons même en cas de réponse aux IPP (58% à 1 an) et mauvais en cas de non réponse (33%).

Après 5 ans, il y a 1/4 de récidives en cas de reflux typique, au moins 3/4 dans les autres cas.

 

Major gastrointestinal bleeding is caused by occult malignancy in patients receiving warfarin or dabigatran to prevent stroke and systemic embolism from atrial fibrillation. KF FLACK.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2017; 15: 682-690.

Un essai randomisé prospectif comparant 2 doses de dabigatran et la warfarin dans la prévention d’AVC et d’embolies systémiques en cas de fibrillation auriculaire, a inclus 18.113 patients. 546 d’entre eux (environ 3%) ont eu une hémorragie digestive (chute de l’hémoglobine >2gr/dl – transfusion de 2U de sang ou plus).

8.1% étaient dus à un cancer digestif principalement colorectal (79.5%), surtout dans le groupe dabigatran (34/38 cancers) moins souvent gastriques (5/10 dans le groupe warfarin – 1/10 dans le groupe dabigatran).

Un éditorial accompagne l’article. Il explique l’action prédominante du dabigatran sur le tractus digestif inférieur par son absorption incomplète suivie d’une activation endoluminale et ainsi d’une action anticoagulante topique durant le transit intestinal. L’éditorial insiste sur d’autres aspects préventifs : dépistage préalable pour le côlon en cas d’usage prolongé d’anticoagulants – usage d’IPP préventif en cas de facteurs de risque.

 

Psyllium fiber reduces abdominal pain in children with irritable bowel syndrome in a randomized, double-blind trial. RJ SHULMAN.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2017; 15: 712-719.

6 gr de psyllium avant 12 ans, 12 gr plus tard, réduisent de moitié les épisodes douloureux en cas de côlon irritable chez l’enfant. Autres éléments intéressants : il n’y a pas de profil psychologique particulier (pas plus d’anxieux que de déprimés) – pas de modification du microbiome.

Clinical Gastroenterology and Hepatology

Avril 2017 Docteur Jean-Claude Debongnie

Opened proton pump inhibitor capsules reduce time to healing compared with intact capsules for marginal ulceration following Roux-en-Y gastric bypass. AR. SCHULMAN.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2017; 15: 494-500.

Sur une période de 15 ans, 164 patients avec un ulcère anastomotique après un bypass gastrique ont été étudiés de façon rétrospective, comparant les 49 ayant pris des IPP sous forme de capsule et les 115 ayant reçu la médication après ouverture des capsules d’IPP. Le temps médian de cicatrisation est de 342 jours dans le premier groupe et de 91 dans le second.

Il est donc recommandé d’ouvrir les capsules en cas d’ulcère anastomotique, survenant chez 5% des patients avec bypass. En effet, dans ce cas la capsule non ouverte passe un court moment dans la poche gastrique et traverse rapidement le grêle, limitant l’absorption du médicament.

 

Endoscopic sleeve gastroplasty significantly reduces body mass index and metabolic complications in obese patients. RZ. SHARAIHA.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2017; 15: 504-510.

Une gastroplastie en gouttière endoscopique utilisant un système de suture et un endoscope thérapeutique a été réalisée chez 91 patients par le même opérateur.

Après la courbe d’apprentissage (35 patients), la durée de l’examen est de 93 min. et le patient quitte l’hôpital le jour même. Un seul patient a eu une complication (abcès traité médicament).

Après 12 mois, le poids chute de 17,5% (20,9% à 24 mois), l’hémoglobine glycosylée, la pression systolique, les transaminases et les triglycérides chutent également.

Aux USA, l’obésité est épidémique, et la chirurgie bariatrique est le type d’intervention chirurgicale la plus pratiquée. C’est peut-être une technique d’avenir!

 

Education, employment, income and marital status among adults diagnosed with inflammatory bowel diseases during childhood or adolescence. W. EL‑MATARY.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2017; 15: 518-524.

341 patients dont la maladie inflammatoire intestinale a été diagnostiquée avant l’âge de 18 ans ont été suivis 14 ans et comparés avec un groupe contrôle. Contrairement aux craintes, ces patients ont un degré d’éducation et un salaire supérieurs à ceux du groupe contrôle.

 

Use of intestinal ultrasound to monitor Crohn’s disease activity. T. KUCHARZIK.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2017; 15: 535-542;

L’étude a porté sur 234 patients atteints de maladie de Crohn et évalués dans 47 sites en Allemagne à l’occasion d’une poussée. Ils ont été suivis cliniquement index de Harvey-Bradshaw), biologiquement (CRP) et échographiquement (y compris un doppler couleur). L’amélioration clinique et biologique après intensification du traitement est associée à une amélioration des paramètres échographiques (épaisseur de la paroi par exemple).

L’échographie est un examen simple et qui peut être répété sans problème (et sans préparation).

 

Rectal gas volume measured by computerized tomography identifies evacuation disorders in patients with constipation. SY PARK.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2017; 15: 543-552.

Une nouvelle astuce pour orienter l’évaluation de la cause d’une constipation? En cas de constipation terminale, de trouble de l’évacuation, le CT scan  – mais aussi l’abdomen à blanc – peut montrer un rectum plein de gaz – ce qui n’est pas le cas des autres types de constipation et peut donc orienter l’évaluation diagnostique ultérieure.

 

Fecal microbiota transplantation for recurrent clostridium difficile infection in patients with inflammatory bowel disease – a single-center experience. SM. CHIN.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2017; 15: 597-599.

 35 patients (13 Crohn – 22 colites ulcéreuses) ont eu une transplantation de flore fécale sous forme de capsule en raison d’infections récidivantes à Clostridium difficile.

Bonne nouvelle: un seul patient a récidivé l’infection. La moitié des patients a cependant nécessité une escalade thérapeutique antiinflammatoire et 2 patients ont développé pour la première fois un abcès anal.

Clinical Gastroenterology and Hepatology

Mars 2017 Docteur Jean-Claude Debongnie

Suspected non celiac gluten sensitivity confirmed in few patients after gluten challenge in double-blind, placebo-controlled trials. J. MOLINA-INFANTE

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2017; 15: 339-348.

Depuis une vingtaine d’années, de multiples publications traitent de la sensibilité au gluten, d’origine non coeliaque. Cela toucherait entre 0,5 et 13% de la population. En l’absence de tests spécifiques, un essai contrôlé avec placebo, en double aveugle est une alternative pour garantir le diagnostic.

Les auteurs ont analysé 10 études en double aveugle portant sur 1312 adultes. Conclusions surprenantes: seuls 16% ont eu des symptômes provoqués par le gluten et pas par le placebo – 40% ont un effet nocebo cad des symptômes pendant la période placebo semblables ou supérieurs à ceux pendant la prise de gluten. Il est donc bien difficile de préciser le diagnostic de sensibilité au gluten.

Une remarque préalable des auteurs: il est crucial d’exclure formellement une maladie coeliaque, ce qui est le cas dans les études mentionnées. Ce n’est pas le cas en clinique courante ou dans 2/3 des cas n’ont pas été testés pour une maladie coeliaque.

L’amélioration lors d’un régime sans gluten pourrait être due à différents facteurs: intolérance à d’autres composants du blé (inhibiteurs de l’amylase-trypsine – agglutinines de germes de blé) – intolérance aux FODMAP – rares cas d’allergie au blé (non médiées par l’IgE).

Les auteurs suggèrent donc que la sensibilité au gluten n’est pas un terme approprié.

 

Negative effects on psychological health and quality of life of genuine irritable bowel syndrome – type symptoms in patients with inflammatory bowel disease. DJ. GRACIE.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2017; 15: 376-384.

La survenue de symptômes fonctionnels chez les patients ayant une maladie de Crohn ou une colite ulcéreuse n’est pas rare et est importante à dépister pour éviter une escalade thérapeutique antiinflammatoires inappropriée.

378 patients de Leeds ont été évalués: les symptômes suivant les critères de Rome 3 (colon irritable) – l’inflammation par le dosage de la calprotectine fécale (< 250 microgrammes par gramme).

57 des 206 (27,7%) des patients avec maladie de Crohn et 34 des 172 patients avec une colite ulcéreuse (19,8%) avaient des symptômes fonctionnels et ont été comparés aux autres sur le plan psychologique et qualité de vie. Les plaintes fonctionnelles ont le même effet psychologique délétère et altèrent la qualité de vie autant que chez les patients en poussée inflammatoire. Il est donc important de leur accorder de l’importance.

Petite remarque: le taux de calprotectine fécale retenu est 250 microgrammes par gramme de selle, bien plus élevé que le seuil de 50 souvent utilisé. Le seuil à retenir n’est pas clairement établi. La calprotectine fécale peut être élevée dans différentes autres pathologies coliques: maladie diverticulaire active – colite microscopique ou extracoliques comme l’ulcère duodénal ou le cancer gastrique. C’est également le cas en présence de sang occulte. La calprotectine dans les selles et un témoin non spécifique: c’est la CRP du tube digestif.

 

Aspirin use is associated with reduced risk of occlusion of metallic stents. S. JANG

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2017; 15: 446-453.

Encore un bénéfice de l’aspirine! Les auteurs ont analysé 593 patients avec une prothèse biliaire métallique et ont comparé les 157 patients prenant de l’aspirine (80 mg ou plus) aux 436 autres. L’aspirine réduit de moitié le taux d’occlusions et allonge le délai de survenue de 339,9 jours à 434,4. A confirmer et à valider.

AutreClinical Gastroenterology and Hepatology

Février 2017 Docteur Jean-Claude Debongnie

Management of Clostridium difficile infection in inflammatory bowel disease: Expert review from the Clinical Practice Updates Committee of the AGA Institute. S. KANNA.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2017; 15: 166-174.

La colite à clostridium difficile touche 8x plus souvent les patients souffrant de MICI (plus la colite ulcéreuse que le Crohn) même en l’absence de prise préalable d’antibiotiques. Les recommandations des experts sont: rechercher la presence clostridium dificile dans toute poussée de MICI – retester en cas de persistence ou de récidive de diarrhées après tout traitement antibiotique – utilizer la vancomycine plutôt que le metronidazole – éviter une escalade d’immunosuppression en cas d’infection non traitée – envisage une transplantation fécale en presence d’infection récidivante.

 

Chronic diarrhea: diagnosis and management. LR. SCHILLER.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2017; 15: 182-193.

Notions glanées: Des selles fréquentes mais de consistance normale sont de la pseudodiarrhée. Le patient appelle parfois diarrhée ce qui est de l’incontinence. Plus de 700 médications peuvent causer de la diarrhée.

 

Dictary factors reduce risk of acute pancreatitis in a large multiethnic cohort. VW. SETIAWAN.

CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2017; 15: 257-265.

A partir d’une cohort prospective de 215000 sujets américains enrolés entre 1993 et 1996, la relation entre les facteurs diététiques et la pancréatite aigue ont pu être évalué. La viande, les oeufs, les graisses saturées et le cholesterol augmentent de 25% le risque de pancréatite (biliaire et non biliaire). Le café (plus de 4 tasses pa jour) réduit d’1/3 le risqué de pancréatite biliaire.

NB: le café réduit le risque d’hépatocarcinome, de même que la mortalité globale.

Gastroenterology

Février 2017 Docteur Jean-Claude Debongnie

A rare endoscopic clue to a common clinical condition. B. ANDERSON.

GASTROENTEROLOGY 2017 ; 152 : 492-493.

Le « colon single-stripe sign (CSSS) » est un signe rare mais hautement spécifique d’ischémie colique, confirmé par des biopsies qui montrent : cryptite – fibrose locale – sang dans la lamina propria. Ce signe consiste en une « rayure » (stripe), une ulcération linéaire de plusieurs centimètres située dans l’axe de la lumière colique.

 

Clinical practice guidelines for the use of video capsule endoscopy. RA ENNS.

GASTROENTEROLOGY 2017 ; 152 : 497-514.

Cet article résume les recommandations canadiennes concernant l’usage des vidéocapsules. Un premier message : il ne s’agit pas d’un examen de première intention ni pour l’intestin grêle ni pour le colon. Pour l’intestin grêle, l’examen n’est réalisé qu’après un bilan endoscopique classique et une imagerie du grêle (entérographie par CT de préférence – sinon entéro IRM – ou examen baryté). Pour le colon, l’examen par vidéocapsule ne doit pas remplacer en routine la coloscopie de dépistage ni celle destinée à évaluer le degré d’inflammation colique dans la maladie de Crohn (sous-évalué par la capsule). Autre message : en cas de saignement visible inexpliqué par le bilan classique (endoscopie + imagerie), il y a lieu d’utiliser la vidéocapsule dès que possbile. Un rappel : une préparation (PEG) est fortement recommandée.

 

Pathophysiology, evaluation and management of chronic watery diarrhea. M. CAMILLERI.

GASTROENTEROLOGY 2017 ; 152 : 515-532.

Dans les diarrhées chroniques (> 4 semaines), l’anamnèse – outre la liste des médicaments et le détail de l’alimentation (produits lactés – boissons sucrées etc…) – précisera les symptômes : l’association à des douleurs soulagées par la défécation orientera vers un colon irritable, la présence de ballonnements, inconfort et gaz post-prandiaux pourra suggérer une maldigestion de sucres (ex. lactose), l’urgence postprandiale un trouble moteur (ex. excès de caféine). Un screening biologique (hémogramme – ionogramme – anticorps antitransglutaminase) et fécal (sang occulte – stéatocrite – calprotectine) est indiqué. Les autres examens sont fonction du contexte. La coloscopie n’apporte un diagnostic que dans max. 15% des cas (ex. colite microscopique). Un bilan hormonal savant (cvhromogranine – VIP etc…) risque surtout d’apporter des faux positifs, des fausses pistes. Le traitement symptomatique de choix est le loperamide (jusqu’à 16 mg/jour). Le second choix est un séquestrant des acides biliaires (par ex. cholestyramine, jusqu’à 16 g/jour) qui sert en même temps de (test) thérapeutique et de test tout court en l’absence de test simple de malabsorption des sels biliaires, cause de 20% des diarrhées auqueuses.

 

Outcomes of pregnancies for women undergoing endoscopy while they were pregnant : A nationwide cohort study. JF. LUDVIGSSON.

GASTROENTEROLOGY 2017 ; 554-563.

Suite à l’épidémie de phocomélie liée à la thalidomide, prise pendant la grossesse une prudence extrême pendant celle-ci a entrainé une restriction de l’endoscopie aux situations d’urgence ou graves, si possible pendant le second trimestre, allant jusqu’à imposer à certains endroits aux USA un test de grossesse avant toute endoscopie chez une femme en âge de procréer.

Le registre national suédois a porté sur 3052 endoscopies pendant la grossesse. Il n’y a pas de risque de malformations congénitales et de mortinatalité, et le risque ne diffère pas suivant le trimestre. Un risque faible d’accouchement précoce ou de poids moindre n’est pas exclu mais serait alors faible.

Une prudence modérée reste de mise.

Gastroenterology

Janvier 2017 Docteur Jean-Claude Debongnie

Breath testing for Barrett’s esophagus using exhaled volatile organic compound profiling with an electronic nose device. DK CHAN.

GASTROENTEROLOGY 2017: 152: 24-26.

Cet article court et de publication rapide montre que l’analyse des composés organiques volatiles exhalés par les patients à l’aide d’un « nez électronique » permet de diagnostiquer l’oesophage de Barrett avec une sensibilité de 81%. C’est loin d’être disponible mais c’est un premier exemple des méthodes diagnostiques futures en gastroentérologie, basé sur les produits métaboliques du microbiote.

 

Using big data to discover diagnostics and therapeutics for gastrointestinal and liver diseases. B. WOODEN.

GASTROENTEROLOGY 2017: 152: 53-67.

Encore un aspect du future! Les « big data » sont basés sur le séquençage de gènes larges bases de données, des profils d’expression génétique, de données protéomiques, métabolomiques et de dossier patients électroniques. Même en tenant compte des validations expérimentales et cliniques cela permet de raccourcir le temps entre la découverte et l’usage clinique, de mieux garantir le succès et de coûter moins cher.

Le même numéro de la revue offre deux exemples de très larges bases de données collaboratives puisque les noms des auteurs et de leurs institutions prend deux pages!

 

Effectiveness of pelvic physiotherapy in children with functional constipation compared with standard medical care. ML. VAN ENGELENBURG– VAN LONKHUYZEN.

GASTROENTEROLOGY 2017: 152: 82-91.

Cet essai randomisé du traitement de la constipation a inclus 53 enfants aux Pays-Bas et a compare le traitement classique (éducation, conseils diététiques, laxatifs) et le traitement de physiothérapie ajouté au traitement classique: Les six séances de physiothérapie comprenaient: informations, apprentissage de posture et des sensations rectales, exercices de relaxation sphinctérienne). Le traitement classique est efficace chez 63% des patients (il est donc suffisant dans 2/3 des cas), la physiothérapie est efficace dans 92% (il est donc préférable quand il est disponible).

 

Lifestyle risk factors for serrated colorectal polyps: A systematic review and meta-analysis. L. BAILIE.

GASTROENTEROLOGY 2017: 152: 92-104.

Parmi les 2446 articles relevés pour une inclusion éventuelle dans cette analyse, la cascade critique n’en a finalement retenu que 43! Les polypes festonnés (antérieurement inclus parmi les polypes hyperplasiques) sont à l’origine de 10 à 30% des cancers colorectaux. Le tabac multiplie par trois le risque de polype festonné. L’alcool, la viande et la graisse augmentent également (de 20 à 30%) le risque.

 

Similar efficacy of proton-pump inhibitors VS H2-receptor antagonists in reducing risk of upper gastrointestinal bleeding or ulcers in high-risk users of low-dose aspirin. FKL. CHAN.

GASTROENTEROLOGY 2017: 152: 105-110.

270 patients sous aspirine (<325 mg/jr) avec un passé d’hémorragie digestive due à un ulcère (gastrique dans 2/3 des cas) ont été randomisés en double aveugle, la moitié recevant rabéprazole 20 mg, l’autre moitié recevant famotidine 40 mg, tout en poursuivant l’aspirine. Une récidive d’ulcère ou d’hémorragie a été notée dans 7,9% du premier groupe, 12,4% du second – différence non significative.

 

Proton pump inhibitors increase risk for hepatic encephalopathy in patients with cirrhosis in a population study. CF. TSAI.

GASTROENTEROLOGY 2017: 152: 134-141.

Parmi une population de 1 million de taiwanais, 1166 patients cirrhotiques avec encéphalopathie hépatique ont été analysés et comparés à un groupe sans encéphalopathie. La prise d’IPP augmente de 40% le risque d’encéphalopathie et le multiplie par trois en cas de fortes doses. Encore une raison d’évaluer l’usage d’IPP chronique !

Gastrointestinal Endoscopy

Janvier 2017 Docteur Jean-Claude Debongnie

Gastric per-oral endoscopic myotomy for refractory gastroparesis: results forme the first multicenter study on endoscopic pyloromyotomy. M. KHASHAB.

GASTROINTEST ENDOSC 2017; 85: 123-128.

Outre cette étude multicentrique (USA – Brésil – Inde – Corée) qui a inclus 30 patients avec une gastroparésie réfractaire (cad ne répondant pas aux autres traitements incluant injections de Botox et stents transpyloriques), le même numéro contient une autre étude multicentrique (France – USA) portant sur 12 patients. La technique (semblable au POEM utilisé pour l’achalasie) consiste en une dissection sous muqueuse et une myotomie incluant 5 cm au niveau de la grande courbure antrale et le sphincter pylorique. Une réponse clinique franche est obtenue dans ¾ des cas et une normalisation de la vidange gastrique dans 50 et 75% des cas.

Un éditorial suit chacun des articles, le premier pour insister sur la nécessité d’étude contrôlée, la seconde rappelant qu’il a fallu 25 ans pour montrer l’inutilité de la sphinctérotomie dans les spasmes de l’Oddi type B (entité américaine il est vrai).

Un espoir donc, pas une recommandation.

 

Impact on carbon dioxide insufflation and water exchange on postcolonoscopy outcomes in patients receiving on-demand sedation: a randomized controlled trial. S. CADONI.

GASTROINTEST ENDOSC 2017; 85: 210-2018.

L’étude a porté sur 240 patients qui pour leur coloscopie avaient une sédation « à la demande » et a comparé différentes combinaisons incluant eau, CO2 et air. La conclusion montre que l’injection d’eau (au lieu d’air) lors de l’insertion de l’endoscope et l’insufflation de CO2 lors du retrait est la combinaisons qui associe un minimum de douleurs pendant l’examen et de ballonnement après celui-ci. Cela permet de réduire la sédation, voire de la rendre inutile.

 

Yield of a second screening colonoscopy 10 years after an initial negative examination in average-risk individuals. PL. PONUGOTI.

GASTROINTEST ENDOSC 2017; 85: 221-224.

Cette étude d’un expert de la coloscopie (D. REX) a porté sur 4463 patients dont la coloscopie initiale était négative, parmi lesquels 378 ont eu une coloscopie 10 ans plus tard. Aucun cancer n’a été décelé et seulement 3,6% d’adénomes « avancés » (> 10 mm et/ou dysplasie de haut grade), ce qui justifie l’intervalle. Il y a cependant 40% d’adénomes, peut-être expliqués par l’âge plus avancé des patients (ayant 10 ans de plus) et par l’amélioration des techniques de coloscopie.

Un éditorial insiste sur le fait qu’un cancer intercurrent survient souvent dans les 3 premières années après une coloscopie et est sans doute due à un polype non vu (les polypes festonnés du colon droit sont plus difficiles à déceler et par exemple recouverts de mucus si la préparation est insuffisante). Il est donc inutile de proposer une coloscopie 5 ans après un examen normal et si la préparation est insuffisante, il faut proposer un nouvel examen 1 an plus tard.