Revue des revues
Gastroenterology
Février 2015Mucosal impedance discriminates GERD from non-GERD conditions. F. ATES.
GASTROENTEROLOGY 2015; 148: 334*343.
Cette étude permettra peut-être d’élargir les possibilités diagnostiques au cours de la gastroscopie: une sonde (prototype non commercialisé) est passée dans le canal opérateur de l’endoscope, appliquée contre la muqueuse oesophagienne et l’impédance est mesurée entre deux anneaux situés au bout du cathéter. L’impédance est abaissée en cas d’oesophagite, en cas de reflux acide (mesuré par pHmétrie) sans oesophagite et dans les cas d’oesophagite à éosinophiles (valeurs anormales tout le long de l’œsophage). Chez les patients porteurs d’une oesophagite érosive, les valeurs se normalisent après traitement par IPP.
Si cela se confirme, cela permettra en cours d’endoscopie d’affiner le diagnostic dans les plaintes oesophagiennes et de faire rapidement la différence entre pathologie muqueuse et plaintes fonctionnelles (et/ou troubles moteurs).
Clinical Gastroenterology and Hepatology
Janvier 2015Use of selective serotonin verytake inhibitors and risk of upper gastrointestinal bleeding: A systematic review and metaanalysis. HY JIANG.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2015; 13: 42-50.
Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) diminuent le niveau de la sérotonine dans les plaquettes (qui n’en synthétisent pas) et ainsi inhibent leur fonction hémostatique. Ils augmentent ainsi le risque d’hémorragie cérébrale, d’hémorragie postopératoire et d’hémorragie post-partum. Cette métaanalyse confirme l’augmentation du risque d’hémorragie digestive haute chez ces patients et l’évaluent à 50%, ce qui compte tenu de la fréquence de prescription, devient important. En cas d’usage simultané d’AINS, le risque est multiplié par 4! La prescription d’IPP est alors recommandée, de même que chez les patients âgés utilisant uniquement les ISRS (à discuter avec le patient!).
Naps arre associated more commonly with gastrooesophageal reflux, compared with nocturnal sleep. L. MASROLLAH.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2015; 13; 94-95.
15 patients ayant un reflux ont été étudiés par pHmétrie pendant la sieste et pendant la nuit. Le nombre de reflux est 10x plus élevé pendant la sieste et le pourcentage du temps de reflux avec un pH <4 est 4x plus élevé.
Gastroenterology
Janvier 2015Comparative efficacy of pharmacologic interventions in preventing relapse of Crohn’s disease after surgery: A systematic review and network meta-analysis. S. SINGH.
GASTROENTEROLOGY 2015; 148: 64-76.
Cette revue, analyse détaillée, permet des conclusions claires: le budésonide n’a aucune efficacité sur la prévention de la récidive de maladie de Crohn après résection chirurgicale – la mésalamine réduit d’1/3 les récidives cliniques mais pas les récidives endoscopiques – antibiotiques, immunomodulateurs ou leur association réduisent franchement les récidives cliniques et endoscopiques – les anti TNF réduisent très fortement ces risqué (RR <0,1) et sont donc à utiliser en cas de risqué élevé de récidive ou de danger élevé en cas de récidive (patient ayant déjà subi plusieurs résections par exemple).
Gastrointestinal Endoscopy
Janvier 2015Quality indicators for gastrointestinal endoscopic procedures.
GASTROINTEST ENDOSC 2015; 81: 1-80.
Une série d’articles a pour objet la qualité en endoscopie, de façon générale d’abord et pour différentes procédures ensuite: gastroscopie–coloscopie-cholangiowirsungographie –échoendoscopie. Une série d’exigences est à observer dans tous les cas (>98%): consentement informé – anamnèse et examen clinique préalable – respect des indications recommandées – protocole détaillé – documentation des recommandations proposées et du suivi etc… Fini l’époque des examens à la chaine et des rapports style télégraphique!
GUIDELINE. Antibiotic prophylaxis for GI endoscopy.
GASTROINTEST ENDOSC 2015; 81: 81-89.
Il est bon de rappeler que les indications d’antibioprophylaxie se sont réduites. Ainsi la prévention de l’endocardite bactérienne est limitée aux patients: porteurs de prothèses valvulaires – ayant fait une endocardite – transplantés porteurs de valvulopathie – ayant une cardiopathie congénitale de traitement incomplet. Les porteurs de valvulopathie simple ne sont pas une indication. Les antibiotiques doivent être actifs contre les entérocoques (pénicilline – ampicilline – piperacillin – vancomycine). La prophylaxie des infections locales est recommandée en cas de gastrostomie endoscopique, suggérée en cas de ponction de kystes par échoendoscopie. Dans les autres cas (porteurs de prothèses articulaires – ponction de lésions solides par échoendoscopie etc…), aucune prophylaxie n’est recommandée. En cas d’obstruction biliaire, les antibiotiques ne sont donnés préalablement qu’en présence d’infection démontrée, d’immunosuppression ou de prévision de drainage endoscopique incomplet (tumeurs hilaires).
Clinical Gastroenterology and Hepatology
Décembre 2014Breath testing for small intestinal bacterial overgrowth: maximizing test accuracy. RJ. SAAD.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2014; 12: 1964-1972.
La prolifération bactérienne de l’intestin grêle a de multiples manifestations cliniques qui vont de symptômes fonctionnels type colon irritable à une malabsorption franche et de multiples causes qui vont d’anomalies motrices, anatomiques ou postchirurgicales de l’intestin grêle à la cirrhose. La prévalence réelle est mal connue et sans doute liée à la difficulté du diagnostic. La référence diagnostique est la culture quantitative de liquide grêle aspiré, nécessitant des précautions de stérilité et un transfert rapide au laboratoire qui à l’aide de cultures aérobies et anaérobies doit montrer plus de 105 CFU/ml. Le test au glycocholate marqué au C14 a été abandonné pour des raisons d’irradiation. Les tests respiratoires à l’hydrogène sont recommandés mais nécessitent des précautions préalables comme l’abstention d’antibiotiques, d’un régime riche en fibre le jour avant, de tabac pendant le test. Après ingestion de glucose (50 à 100 g), un taux basal > 20 ppm est suspect, une élévation de > 12 ppm par rapport au taux basal est diagnostique. Après ingestion de lactulose (10g), un taux basal > 20 ppm est suspect et un double pic ou une élévation précoce (< 90 min – > 20 ppm) sont diagnostiques.
EN PRATIQUE, le test au glucose est recommandé, même si, absorbé dans le grêle proximal, il peut manquer des proliférations distales, iléales.
Quality measures for colonoscopy: A critical evaluation. NF. FAYAD.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2014; 12: 1973-1980.
Les cancers manqués (surtout au niveau du colon droit) et la facture astronomique de la coloscopie aux USA soulignent l’importance de la preuve de la qualité de la coloscopie. Les différents index conseillés sont ici revus de façon critique. Parmi les index, les plus importants semblent: un taux de détection d’adénomes > 25% – la documentation photographique de l’atteinte du caecum – un temps de retrait > 6 min.
Alium vegetables and garlic supplements do no reduce the risk of colorectal cancer, based on meta-analysis. B. ZHU.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2014; 12: 1991-2001.
Les légumes alliacés (principalement ail et oignon) ont un effet cardioprotecteur et certaines données suggèrent un effet protecteur contre le cancer du colon (données expérimentales animales utilisant de hautes doses d’alliacés – études de cohortes de patients – cas contrôle). Cette métaanalyse d’études prospectives montre qu’il n’en est rien et suggère même que l’ail sous forme de compléments alimentaires augmente le risque de cancer du colon. D’après l’American Cancer Research Funal, les compléments alimentaires – très prisés aux USA – ne sont pas recommandés pour la prévention du cancer. D’autres données récentes montrent qu’ils ne prolongent pas la vie et ne préviennent pas les maladies chroniques.
Gastrointestinal Endoscopy
Décembre 2014Lower GI bleeding risk of nonsteroidal anti-inflammatory drugs and antiplatelet drug use alone and the effect of combined therapy. N. NAGATA.
GASTROINTEST ENDOSC 2014; 80: 1124-1131.
Cette étude japonaise a analysé de façon détaillée la relation entre AINS, antiagrégants plaquettaires et hémorragie digestive basse chez 319 patients hospitalisés pour une hémorragie digestive basse dont l’estomac a été investigué par endoscopie et l’intestin grêle par capsule, patients alors comparés à 3358 autres ayant eu une coloscopie pour d’autres indications. Les AINS multiplient le risque d’hémorragie par 2, 3 et leur association à de l’aspirine faiblement dosée ou aux antiagrégants le multiplient par 4, 3 et 4,9. Aspirine et antiagrégants seuls n’augmentent pas le risque de saignement. La source du saignement est surtout diverticulaire (47%) ou ischémique (13%). Ces données sont importantes dans la mesure où les saignements d’origine gastroduodénale semblent diminuer en association avec la protection par IPP et où l’usage de l’aspirine et des antiagrégants va croissant.
Clinical Gastroenterology and Hepatology
Novembre 2014Sleep duration affects risk for ulcerative colitis: A prospective cohort study. AN. ANANTHAKRISHNAN.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2014; 12: 1878-1886.
Ce rapport est une des publications extraite de l’étude épidémiologique de 151.871 infirmières suivies pendant 24 ans aux Etats-Unis. Un sommeil de moins de 6h augmente le risque de colite ulcéreuse de 50% (et pas celui de maladie de Crohn). Un sommeil de plus de 9h double ce risque pour la colite ulcéreuse. Cette courbe en U (risque majoré pour des valeurs faibles et pour des valeurs élevées) est retrouvée pour d’autres relations avec le sommeil: mortalité globale – cancer colorectal. Un sommeil trop court (et peut-être un sommeil trop long, reflétant une nuit fragmentée) majore un milieu intestinal proinflammatoire.
Fecal level of calprotectin identifies histologic inflammation in patients with ulcerative colitis in clinical and endoscopic remission. J. GUARDIOLA.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2014; 12: 1865-1870.
85 patients avec une colite ulcéreuse en rémission ont été soumis à une coloscopie; 26 ont été exclus car il n’y avait pas de rémission endoscopique. Parmi les 59 patients restants, la calprotectine fécale a été dosée et de multiples biopsies ont été prélevées lors de la coloscopie. La calprotectine est plus élevée (278 µg/g) chez les 18 patients avec une inflammation active que chez les 41 patients en rémission histologique (68 µg/g). En conclusion, même une muqueuse microscopiquement normale est dans 1/3 des cas enflammée. Le taux de calprotectine est plus simple et reflète mieux l’absence d’inflammation: un taux inférieur à 150 µg/g a une valeur prédictive négative de 89%.
Mesalamine dose escalation reduces fecal calprotectin in patients with quiescent ulcerative colitis. MT. OSTERMAN.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2014; 12: 1887-1893.
52 patients prenant 2,4 g de mesalamine pour une colite ulcéreuse en rémission clinique ayant une calprotectine fécale > 50 µg/g ont été randomisés en deux groupes: le premier garde le même traitement – le deuxième double la dose. Dans ce deuxième groupe, la calprotectine s’est normalisée dans 27% des cas et dans 4% des patients du premier groupe. Le taux de récidive est le même dans les deux (petits) groupes mais la récidive est globalement plus fréquente quand la calprotectine est > 200 µg/g.
EN CONCLUSION: la calprotectine (qui représente 60% des protéines du cytosol des granulocytes) dosée dans les selles est un biomarqueur des colites ulcéreuses. Elle est également un bon marqueur dans le suivi des colites microscopiques. Elle est augmentée dans les diverticulites. C’est peut-être la CRP (c reative protein) du tube digestif qui pourrait nous aider pour distinguer le colon irritable des autres pathologies.
Gastroenterology
Octobre 2014Risk of upper gastrointestinal bleeding from different drug combinations. GMC MASCLEE.
GASTROENTEROLOGY 2014; 147: 784-792.
Cette étude de 3 larges bases de données (Italie – Pays Bas – Danemark) porte sur 114.835 cas d’hémorragie digestive. Si nous connaissons le risque des antiinflammatoires non stéroïdiens, des stéroïdes et de l’aspirine (même à faible dose), ce travail nous révèle (ou confirme) d’autres médications à risque et surtout analyse les combinaisons de médicaments. Sont connus les risques des AINS (x 4,27), des stéroïdes (X 4,07), de l’aspirine à faible dose (x 3,05), sont affirmés ou confirmés les risques des: antagonistes de l’aldostérone (x 3,27), des inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (x 2,06). Les combinaisons majorent fortement les risques: AINS + stéroïdes (x 12,82 – AINS + antialdostérones (x 11) – AINS + aspirine à faible dose (x 7,49) – AINS + SSRI (citalopram, etc…) (x 6,95).
Gastrointestinal Endoscopy
Octobre 2014GUIDELINE: Optimizing adequacy of bowel cleansing for colonoscopy: recommendations from the US multisociety task force on colorectal cancer.
GASTROINTEST ENDOSC 2014; 80: 553-562.
Cet article « fil guide » avec 253 références bibliographiques, accompagné d’un article de synthèse de métaanalyses résume tout ce qu’il faut savoir et faire pour une coloscopie dans de bonnes conditions. Un colon « propre » doit être obtenu chez plus de 85% des patients. Dans le cas contraire, lors d’une nouvelle coloscopie, plus de 20% de lésions importantes (>10 mm), plus de 40% de polypes sont décelés. Des recommandations orales ET écrites doivent être fournies au patient. La préparation doit être « fragmentée » (split-dose) avec au moins une partie le jour de l’examen. Le délai entre la fin de l’ingestion et l’examen ne doit pas être trop longue, chaque heure de délai au-delà de 2 heures diminuant la qualité. Le délai de 2h entre la fin de l’ingestion et l’éventuelle anesthésie est suffisant pour les anesthésistes américains. La qualité de la préparation (idéalement précisée par une échelle validée) doit être mentionnée dans le protocole de l’examen.
The natural history of steroid-naive eosinophilic esophagitis in adults treated with endoscopic dilation and proton pump inhibitor therapy over a mean duration of nearly 14 years. S. LIPKA.
GASTROINTEST ENDOSC 2014; 80: 592-598.
13 patients dont le diagnostic final a été oesophagite à éosinophiles et dont le diagnostic initial (avant la description d’oesophagite à éosinophiles) était de sténose idiopathique congénitale ont été suivi en moyenne 14 ans, le maximum étant de 24 ans. Tous avaient dysphagie quotidienne et impaction alimentaire. Ils ont été traité par dilatation, 3 la première année, 1 tous les 2 ans ensuite et par inhibiteurs de l’acidité. Au cours du suivi, aucun n’a présenté de dysplasie ou de cancer.
Clues to uncommon and easily overlooked infection diagnoses affecting the GI tract and distincion frome their clinicopathologic mimics. M. AAMIR ALI.
GASTROINTEST ENDOSC 2014; 80: 689-706.
Dans cet article, relevons surtout les proctites infectieuses (Chlamydia – syphilis – gonorrhées). Les deux premières peuvent simuler MICI (y compris les fistules et les sténoses) ou les cancers. L’histologie n’est pas diagnostique. Il faut donc y songer surtout chez les homosexuels et quand les biopsies rectales montrent un infiltrat lymphoplasmocytaire intense alors que le sigmoïde est normal.
Clinical Gastroenterology and Hepatology
Octobre 2014Diet and inflammatory bowel disease: Review of patient-targeted recommendations. JK. HOU.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2014; 12: 1592-1600.
Cette revue analyse les études de différents régimes, allant de la suppression des hydrates de carbone (pour limiter les candida) à celle des FODMAP. S’il est probable que certains types d’alimentation modifient le microbiote intestinal, aucune étude de prescriptions alimentaires spécifiques n’a démontré de façon suffisante un effet sur l’inflammation. Comme avant, un traitement ‘individualisé » reste d’application et reste empirique.
Factors that affect risk for pancreatic disease in the general population: A systematic review and metaanalysis of prospective cohort studies. A. Alsamarrai.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2014; 12: 1635-1644.
La revue de 51 études de population portant sur 3 millions d’individus et 11.000 patients souffrant du pancreas a permis d’analyser 31 facteurs. Le tabagisme est le facteur toxique dominant (RR – risque relatif 1,87), suivi de l’obésité (RR 1,48) et de l’alcoolisme (RR 1,37). Le tabac et l’alcool favorisent plus les pancréatites aigues et chronique que le cancer. Les facteurs protecteurs sont les légumes (RR 0,71) et les fruits (RR 0,73).
Increased proximal reflux in a hypersensitive esophagus might explain symptoms resistant to proton pump inhibitors in patients with gastroesophageal reflux disease. WO. ROHOFF.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2014; 12: 1647-1655.
9 patients « répondeurs » et 9 patients « non répondeurs » aux IPP (inhibiteurs de la pompe à proton) ont eu une évaluation fonctionnelle oesophagienne complète: pHmétrie – impédancemétrie – mesure de la poche acide – manométrie – étude de la sensibilité à la distension et à la perfusion d’acide – mesure de la perméabilité sur des biopsies. L’étude a montré que les non répondeurs avaient plus de reflux proximal et étaient plus sensibles à la distension suggérant la possibilité d’un traitement pour l’hypersensibilité de l’œsophage.
