Revue des revues
American Journal Of Gastroenterology
Juillet 2010Efficacy of venlafaxine for symptomatic relief in young adult patients with functionnal chest pain: a randomized double-blind, placebo-controlled, crossover trial. H. LEE.
AM J GASTROENTEROL 2010; 105: 1504-1512.
La venlafaxine 75 mg XR le soir soulage 51% des patients ayant des précordialgies fonctionnelles (coronarographie – pHmétrie et manométrie normales) sans modifier les résultats de l’échelle de mesure de dépression utilisée.
Low grade dysplasia in Barrett’s esophagus overdiagnosed and underestimated. WL. CURVERS.
AM J GASTROENTEROL 2010; 105: 1523-1530.
147 lames de patients diagnostiqués comme ayant une dysplasie de bas grade ont été revues par 2 pathologistes experts du Barrett. Dans 15% des cas seulement, le diagnostic de dysplasie de bas grade a été confirmé et dans 85% de ces cas confirmés, une dysplasie de haut grade a été observée au cours d’un suivi de plus de 100 mois.
Clinical Gastroenterology and Hepatology
Juin 2010Increased incidence of small intestinal bacterial overgrowth during proton pump inhibitor therapy. L. LOMBARDO.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2010; 8: 504-508.
L’étude a évalué la fréquence de la prolifération bactérienne du grêle (évaluée par un test respiratoire au glucose) chez 250 patients sous IPP (inhibiteurs de la pompe à protons), 200 patients souffrant d’un colon irritable et 50 patients contrôle. Le test était positif chez 50% des patients sous IPP (colon irritable 24% – contrôle 6%) et surtout chez les patients sous traitement depuis plus de 12 mois (>60% VS <25%). Ceci s’accompagnait de symptômes comme le ballonnement, disparaissant après un traitement à la rifaximine.
Crohn’s disease is a risk factor for preterm birth. O. STEPHANSSON.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2010; 8: 509-515.
L’analyse de 800.000 naissances (registre danois et suédois de 1994 à 2006) dont 2.377 chez des primipares atteintes d’une maladie de Crohn montrent qu’il y a un risque majoré de naissances prématurées (et de césariennes). Plus important, le risque de malformations congénitales n’est pas majoré.
Gastroenterology
Juin 2010Report from the Jerusalem Workshop on Lynch Syndrome – Hereditary Nonpolyposis Colorectal Cancer. CR. BOLAND;
GASTROENTEROLOGY 2010; 138: 2197-2201.
Le syndrome de Lynch représente 2,8% des cancers colorectaux (avec une prévalence de 1/300 dans la population générale). La recommandation principale est de rechercher ce syndrome dans tous les cas de cancer avant 70 ans. En effet, beaucoup de cas échappent aux critères cliniques classiques d’Amsterdam. Cette recherche concerne soit l’immunohistochimie (4 gènes) ou la recherche d’instabilité des microsatellites.
Gastrointestinal Endoscopy
Mai 2010Postpolypectomy bleeding in patients undergoing uninterrupted clopidogrel therapy. M. SINGH.
GASTROINTEST ENDOSC 2010; 71: 998-1005.
375 polypectomies chez des patients sous clopidogrel ont été comparées à 1.243 polypectomies chez des patients n’en prenant pas. Le saignement immédiat n’est pas plus fréquent (2,1% VS 2,1%); le saignement retardé est plus fréquent (3,5% VS 1% – p <0,05) mais de sévérité modérée.
Procedure-related false-positive cytology results during EUS-guided FNA in patients with esophageal cancer. BM. VAN HEMEL.
GASTROINTEST ENDOSC 2010; 71: 1130-1133.
Le canal opérateur de l’échoendoscope peut être contaminé lors du passage d’un cancer de l’œsophage avant le prélèvement d’un ganglion cœliaque par exemple. Ceci peut-être évité en vidant le canal opérateur par une injection d’eau.
Clinical Gastroenterology and Hepatology
Mai 2010EDUCATION PRACTICE – Acute pancreatitis Part 1: Approach to early management. BU. WU.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2010; 8: 410-416.
Les trois étapes initiales de l’approche de la pancréatite aigue sont détaillées: évaluer la sévérité – réanimation initiale – déterminer l’étiologie. Pour évaluer la sévérité, il existe différents scores dont le BISAP: Blood urea nitrogen >25 (CAD urée >50) – Impaired mental status – Sirs (réponse inflammatoire systémique: tachycardie – polypnée – température – leucocytose …) – Age >60 – Pleural effusion. La présence de 3 signes ou plus permet de prédire une mortalité accrue. La réanimation initiale comprend réplétion volémique – oxygène – analgésie parentérale. La réplétion volémique initiale doit être suffisante pour maintenir un début urinaire de minimum 0,5 ml/kg/heure et souvent peut atteindre plusieurs litres de sérum physiologique par jour. La recherche étiologique inclut l’anamnèse (en particulier des médicaments), le dosage des transaminases, du calcium, des triglycérides et traite une échographie à la recherche de lithiase vésiculaire.
L’article suivant, par les mêmes auteurs, traite du suivi: stratégies préventives – recherche des complications locales – recherche des complications systémiques avec également un schéma résumé très didactique.
Some patients with irritable bowel syndrome may have exocrine pancreatic insufficiency. JS. LEEDS.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2010; 8: 433-438.
Dans un groupe de 34 patients ayant un colon irritable avec de la diarrhée (selon les critères Rome 2) comparé à un groupe contrôle sans diarrhée et un autre ayant de la diarrhée, une insuffisance pancréatique – diagnostiquée par le dosage de l’élastase fécale – on retrouve 6% de pancréatites chroniques, d’origine idiopathique, dont les symptômes seront améliorés par le traitement enzymatique substitutif. Dans les deux autres groupes, aucun cas d’insuffisance pancréatique.
Factors that predict outcome of abdominal operations in patients with cirrhosis. DA. TELEM.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2010; 8: 451-457.
Dans un groupe de 100 cirrhotiques opérés dans une unité spécialisée de chirurgie hépatique, la mortalité (cholécystectomie – hernie ombilicale – colectomie) est de 2% dans le Child-Turcotte-Pugh A contre 12% dans les B-C. Un score de MELD >15 entraîne une mortalité de 29%, allant jusqu’à 50% en cas d’hypoalbuminémie. La transfusion peropératoire aggrave la mortalité. Un plaidoyer pour une approche spécialisée multidisciplinaire avec un protocole détaillé de suivi (ex: lactulose dès le 1 er jour postopératoire).
American Journal Of Gastroenterology
Mai 2010The myth of Statin-induced hepatotoxicity. T. BADER.
AM J GASTROENTEROL 2010; 105: 978-980.
Une élévation temporaire des transaminases est possible après tout traitement visant à baisser le cholestérol (y compris les résines séquestrant les acides biliaires). Il n’y a pas d’hépatite aigue après prise de statines. Au contraire, elles auraient un effet anti-HCV et baisseraient la pression portale. Il n’y a donc pas lieu de dénier les bénéfices des statines en raison d’une élévation des transaminases ou chez les malades du foie.
Is there an increased risk of GERD after Helicobacter pylori eradication? A metaanalysis. M. YAGHOOBI.
AM J GASTROENTEROL 2010; 105: 1007-1013.
Non, le risque de reflux (GERD) n’est pas augmenté après éradication de Helicobacter pylori chez les dyspeptiques. Oui, il est augmenté (X 2) après éradication chez les ulcéreux.
Gastroenterology Special Issues
Mai 2010COLON CANCER: AN UPDATE AND FUTURE DIRECTIONS.
Un numéro spécial qui va de la détection moléculaire aux promesses des cellules souche. Le plus important, en pratique: la prévention.
Primary prevention of colorectal cancer. AT CHAN.
GASTROENTEROLOGY 2010; 138: 2029-2043;
70% des cancers du colon peuvent être prévenus par un changement d’alimentation et de style de vie: un régime riche en fibres, en fruits et légumes diminue le risque de 50% – un régime riche en viande multiplie le risque par trois – l’alcool et le tabac augmentent le risque.
Gastroenterology
Mai 2010Does capsule endoscopy improve outcomes in obscure gastrointestinal bleeding? Randomized trial versus dedicated small bowel radiography. L. LAINE
GASTROENTEROLOGY 2010; 138: 1673-1680.
Dans une étude randomisée comparant la capsule et le transit radiologique intestinal classique chez 136 patients (54 saignements cliniques – 92 saignements occultes) ayant un bilan endoscopique colique et gastrique négatif, les auteurs confirment la supériorité diagnostique de la capsule (30% VS 5%) mais ne montrent pas de supériorité pronostique: le pourcentage de récidives hémorragiques et le besoin de transfusion est le même. Voilà qui rappelle la controverse de l’utilité de la gastroscopie dans l’hémorragie digestive quand l’endoscopie thérapeutique n’existait pas. A quand la capsule guidée et thérapeutique?
Prevalence of uninvestigated dyspepsia 8 years after a large waterborne outbreak of bacterial dysentery: A cohort study. AC. FORD.
GASTROENTEROLOGY 2010; 138: 1727-1736.
Le colon irritable postinfectieux est connu; la dyspepsie postinfectieuse l’est moins. Cette étude de 1088 patients montre qu’après une dysenterie bactérienne épidémique, les plaintes dyspeptiques sont 2 fois plus fréquentes que dans un groupe non infecté (19,5% VS 9,1%). Un éditorial résume les données connues: une gastroparésie transitoire est présente après infection à rotavirus – 6% des giardiases donnent lieu à une dyspepsie persistante, également décrite après infection à salmonella ou Campylobacter. 17% des dyspepsies ont un début aigu, une cause infectieuse possible.
Gastroenterology
Avril 2010The risk of esophageal adenocarcinoma after antireflux surgery. J. LAGERGREEN.
GASTROENTEROLOGY 2010; 138: 1297-1301.
L’incidence d’adénocarcinome de l’oesophage augmente fortement et le reflux en est le facteur principal. La chirurgie antireflux pourrait réduire ce risque. Il n’en est rien dans cette étude de population suédoise nationale portant sur plus de 14.000 patients: le risque d’adénocarcinome est multiplié par 12 et n’est pas réduit après chirurgie.
Clinical Gastroenterology and Hepatology
Avril 2010Systematic review of the quality of patient information on the Internet regarding Inflammatory Bowel Disease Treatments. M. LANGILLE.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2010; 8: 322-328.
Une revue analytique suivant des critères précis des 50 premiers sites sur GOOGLE concernant les MICI (IBD) montre que très peu de sites donnent de l’information de haute qualité mise à jour. Il y a nécessité d’accréditation de sites par les sociétés scientifiques et il convient de demander au patient de venir discuter les informations qu’il a obtenues sur le web avec son médecin!
Danish patients with chronic pancreatitis have a four-fold higler mortality rate than the Danish population. C. JNOJGAARD.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2010; 8: 384-390.
Les patients atteints de pancréatite chronique ont une mortalité 4 x supérieure à la population normale dans cette étude de population (Copenhague). Ceci est vrai même en dehors de l’étiologie éthylique. Deux facteurs favorisants nouveaux sont mis en évidence: le chômage – la dénutrition (que nous devrions mieux corriger). Les causes principales de mortalité sont digestives (19,5% dont la moitié de cirrhoses) – le cancer (19,5%) – les maladies cardiovasculaires (11,3%).
