Revue des revues
Gastroenterology
Octobre 2011Early mucosal healing with infliximab is associated with improved longterm clinical outcomes in ulcerative colitis. JF. COLOMBEL.
GASTROENTEROLOGY 2011; 141: 1194-1201.
Cette étude prospective randomisée de l’infliximab dans la colite ulcéreuse (ACT-A et ACT-2) confirme les résultats d’une étude rétrospective portant sur 5 ans: la guérison muqueuse précoce (à 8 semaines) améliore le pronostic (à 54 semaines) – pas de colectomie par exemple en cas de guérison muqueuse (versus 20% en cas de lésions persistantes importantes).
A conservative and minimally invasive approach to necrotizing pancreatitis improves outcome. HC. VAN SANTVOORT.
GASTROENTEROLOGY 2011; 141: 1254-1263.
Cette superbe étude prospective multicentrique néerlandaise a inclus sur 5 ans 639 patients avec une pancréatite aigue sévère (jugée sur des critères CT – score de Balthazar). La mortalité globale est de 15%. 62% ont eu un traitement conservateur avec une mortalité de 7%. 38% ont eu une intervention avec une mortalité de 27%. Un délai plus long avant une intervention diminue la mortalité: 56% de 0 à 14 jours – 26% de 15 à 25 jours – 15% à plus de 29 jours. Un drainage par cathéter a été la première intervention dans 2/3 des cas mais ce traitement n’a suffi que dans 1/3 des cas. La laparotomie est associée à une morbidité élevée et une mortalité significative, surtout réalisée en urgence et dans les premiers jours: 78% de mortalité. La nécrosectomie rétropéritonéale par coelioscopie est l’approche de choix. La nécrosectomie endoscopique, débutante, semble avoir peu de complications.
Gastroenterology
Septembre 2011FERGIcor, a randomized controlled trial on frric carboxymaltose for iron deficiency in Inflammatory Bowel Disease. R. EVSTATIEV.
GASTROENTEROLOGY 2011; 141: 846-853.
Dans les MICI (IBD), l’anémie ferriprive est fréquente (>30%) et le déficit en fer profond (> 1g). Un traitement intraveineux est plus efficace que l’administration orale. Une nouvelle forme de fer IV contenant 1g de fer est comparée à la forme habituelle (200 mg – couplée au sucrose) administrée plusieurs fois. L’efficacité de cette nouvelle forme est supérieure à dose égale. Reste à voir le prix!
Estrogen regulation of duodenal bicarbonate secretion and sex-specific protection of human duodenum. B. TVO.
GASTROENTEROLOGY 2011; 141: 854-863.
L’ulcère duodénal est plus fréquent chez l’homme que chez la femme avant la ménopause. En voici l’explication: avant la ménopause, la sécrétion duodénale de bicarbonate basale et stimulée par l’acide est plus élevée que chez l’homme – cette élévation est parallèle au taux d’oestradiol sérique – le duodénum contient des récepteurs pour les oestrogènes. Démonstration élégante.
Clinical Gastroenterology and Hepatology
Août 2011Early fluid resuscitation reduces morbidity among patients with acute pancreatitis. MG. WARNDORFF.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2011; 9: 705-709.
L’administration précoce de liquide (plus de 1/3 du perfusat total de 72h donné dans les 24 premières heures) réduit le syndrome inflammatoire clinique (SIRS), les défaillances d’organe et le taux d’admission aux soins intensifs. L’article suivant montre la supériorité de la solution de Ringer (lactate). L’éditorial propose l’administration de 1 à 2 litres en salle d’urgence (de préférence la solution de Ringer) suivie d’une perfusion de 3 ml/kg/heure (soit 150 – 300 cc/h) pendant les 24 premières heures.
Gastrointestinal Endoscopy
Août 2011Ectopic varices. TECHNICAL REVIEW. M. ABDULRAHMAN
GASTROINTEST ENDOSC 2011; 74: 380-388.
Les varices ectopiques sont fréquentes au niveau du colon (34-46%) – du rectum (28-80%) – définies comme des veines > 4 cm au-dessus de la marge anale) – de l’intestin grêle (20-70%), cause d’hémorragie. Elles sont rares au niveau du duodénum ou des voies biliaires.
Endoscopy
Août 2011Long-term results of a salvage photodynamic therapy for patients with local failure after chemoradiotherapy for esophageal squamous cell carcinoma. T. YANO
ENDOSCOPY 2011; 43: 657-663
Parmi 405 japonais traités par radiochimiothérapie exclusive (50 Gy – 2 cycles 5FU et cisplatine), une réponse complète a été observée chez 234 patients avec une récidive ultérieure locale chez 50. Huit d’entre eux et vingt-six patients à réponse incomplète ont eu un traitement photodynamique (photofrin + irradiation au laser). La morbidité est importante (sténose 50,4% – fistules 10,8%) mais les résultats impressionnants avec une survie à 55 mois de 34,6%.
Is full colonoscopic examination necessary in young patients with fresh bleeding per rectum? AB. KHALID
ENDOSCOPY 2011; 43: 692-696.
379 jeunes pakistanais (<50 ans) avec rectorragies (sans hémorragie digestive franche) ont eu une colonoscopie complète. La source de l’hémorragie était toujours distale (au-delà de l’angle splénique) et souvent d’origine hémorroïdaire (58%). Parmi les 248 patients de moins de 40 ans, 4 avaient un cancer (2 rectum – 1 sigmoïde – 1 colon G) et 3 avaient des polypes adénomateux distaux.
Outcomes of endoscopic transpapillary gallbladder stenting for symptomatic gallbladder diseases: a multicenter prospective follow-up study. TH. LEE
ENDOSCOPY 2011; 43: 702-708.
29 patients souffrant de problèmes vésiculaires inopérables ont été traité par voie endoscopique: prothèse 7F – 15 cm – double pigtail avec extrémités dans la vésicule et dans le duodénum. Ceci a été possible chez 23 (79%) avec une durée fonctionnelle de la prothèse de 760 jours.
American Journal Of Gastroenterology
Juillet 2011Symptomatic intestinal endometriosis requiring surgical resection: clinical presentation and preoperative diagnosis. LC. KAUFMANN
AM J GASTROENTEROL 2011; 106: 1325-1332.
Sur une période de 15 ans, 85 patientes ont été hospitalisées à la Mayo Clinic avec un diagnostic histologique d’endométriose intestinale, suggérant la rareté de ce diagnostic. L’âge moyen était de 48 ans (rage 20-89). Les présentations principales étaient: douleur (29%) – rectorragies (25%) – masse abdominale (23%). Les rectorragies signaient une atteinte distale. La muqueuse était atteinte dans 15% des cas, expliquant la rareté du diagnostic sur biopsie endoscopique. Une échoendoscopie rectale permet parfois une ponction diagnostique. Le plus souvent cependant, le diagnostic est posé lors d’une intervention chirurgicale, souvent nécessaire pour exclure un cancer.
Gastrointestinal Endoscopy
Juillet 2011Role of endoscopy in gastroduodenal obstruction and gastroparesis. GUIDELINE
GASTROINTEST ENDOSC 2011; 74: 13-21.
Parmi les recommandations, relevons: le caractère impératif de l’évaluation endoscopique après décompression – le placement de prothèse en cas d’obstruction d’origine néoplasique chez les patients en mauvais état général ou d’espérance de vie courte (chez les autres, la décompression chirurgical est indiquée) – la pose préalable de prothèse biliaire en cas d’obstruction biliaire établie ou menaçante.
Adherence to biopsy guidelines increases celiac disease diagnosis. B. LEBWOHL
GASTROINTEST ENDOSC 2011; 74: 103-109.
Pour établir le diagnostic de maladie cœliaque, il est recommandé de prélever 4 biopsies duodénales. Cette étude de 132.352 patients ayant eu des biopsies duodénales en l’absence de maladie cœliaque connue, le diagnostic de maladie cœliaque est posé chez 0,7% des patients ayant eu moins de 4 biopsies et chez 1,7% ayant eu 4 biopsies ou plus (3% si 7 biopsies ou plus) même quand l’indication est par exemple un reflux.
Clinical Gastroenterology and Hepatology
Juin 2011Mucosal healing predicts late outcomes after the first course of corticosteroids for newly diagnosed ulcerative colitis. S. ARDIZZONE
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2011; 9: 483-489.
157 patients dont la colite ulcéreuse a nécessité l’usage de stéroïdes ont eu un contrôle endoscopique et ont ensuite été suivis pendant 5 ans. Après 3 mois, 38% ont eu une réponse complète prédictive d’une maladie moins grave: récidive un peu moins fréquente (83% VS 92%) – hospitalisation moins fréquente: 25% VS 49% – usage d’immunosuppresseurs moins fréquent: 5% VS 26% – colectomie moins fréquente: 3% VS 18%.
Gastrointestinal Endoscopy
Juin 2011Management of ingested foreign bodies and food impaction. GUIDELINE
GASTROINTEST ENDOSC 2011; 73: 1085-1091.
En l’absence d’études de haute qualité, la société américaine d’endoscopie digestive donne comme « fil guide » (Guideline) les conseils suivants en cas d’ingestion de corps étrangers ou d’impaction alimentaire: éviter une opacification avec produit de contraste – en cas d’obstruction complète, l’endoscopie est urgente – une consultation ORL est conseillée quand le corps étranger est situé au-dessus du cricopharyngien – pour les impactions alimentaires, les techniques suivantes sont proposées: extraction en bloc ou par morceaux, poussée prudente vers l’estomac – extraction de tous les objets de plus de 2,5 cm dans l’estomac – extraction de tous les objets pointus ou de plus de 6 cm dans le duodénum proximal – extraction urgente des piles dans l’œsophage – extraction des « magnet » à portée d’endoscope – les pièces dans l’œsophage doivent être extraites si un passage spontané n’est pas réalisé en 24 heures – ne pas extraire les sachets de drogue.
Usefulness of oral prednisolone in the treatment of esophageal stricture after endoscopic submucosal dissection for superficial esophageal squamous cell carcinoma. N. YAMAGUCHI
GASTROINTEST ENDOSC 2011; 73: 1115-1121.
Les stéroïdes sont parfois utiles par voie orale pour prévenir les sténoses liées à l’injection de caustiques ou par voie locale intralésionnelle dans les sténoses oesophagiennes bénignes nécessitant de multiples dilatations. Dans ces deux groupes de patients ayant eu une dissection sous-muqueuse endoscopique de cancers épidermoïdes superficiels de l’œsophage, une sténose est observée chez 7/22 patients en l’absence de stéroïdes, et chez 1/19 patients ayant pris des stéroïdes (30 mg de prednisone à doses dégressives sur 8 semaines).
Gastroenterology
Mars 2011Esomeprazole with clopidogrel reduces peptic ulcer recurrence, compared with clopidogrel alone, in patients with atherosclerosis. PI. HSU.
GASTROENTEROLOGY 2011; 1401: 791-798.
Dans un groupe de 185 patients au passé ulcéreux et soufrant d’athérosclérose (cardiopathie ischémique – accident vasculaire cérébral) justifiant la prescription de clopidogrel, un nouvel ulcère apparaît chez 11% d’entre-eux (confirmant le rôle ulcérogène du clopidogrel) et la prévention obtenue par l’administration de 20 mg d’esomeprazole: 1,2% d’ulcères à 6 mois.
Il y a donc bénéfice digestif à l’association clopidogrel – IPP chez les patients ulcéreux. Pour limiter les effets négatifs cardiovasculaires éventuels (réduction d’activité du clopidogrel – majoration des accidents vasculaires), il est conseiller d’éviter l’omeprazole (interaction plus marquée avec le cytochrome P 450) et de donner les deux médications avec un intervalle de 12 heures.
