Revue des revues
Gastrointestinal Endoscopy
Mars 2011Long-term outcome of palliative therapy for malignant colorectal obstruction in patients wieth unresectable metastatic colorectal cancers: endoscopic stenting versus surgery. HJ. LEE.
GASTROINTEST ENDOSC 2011; 73: 535-542.
L’étude compare 71 cas de cancer colorectal obstructif incurable traités par prothèses endoscopiques (de différents types) et 73 cas traités chirurgicalement. Globalement, la survie est la même (11 mois VS 13 mois NS). Il y a plus de complications précoces dans le groupe chirurgie, plus de complications tardives dans le groupe prothèse (qui peut nécessiter une deuxième prothèse). Prudence: dans le groupe prothèse, l’addition de chimiothérapie majore fortement le risque de complications (OR 10).
Argon plasma coagulation treatment of hemorrhagic radiation proctopathy: the optimal setting for application and longterm outcome. Y. SATO;
GASTROINTEST ENDOSC 2011; 73: 543-549.
Une étude in vitro (paroi rectal de porc) suggère comme conditions optimales: 40 W – 1,2 l/min de gaz – 2 secondes de durée pour coaguler muqueuse et sous-muqueuse sans nécrose et sans atteinte musculaire. Ces données ont été appliquées chez 65 patients avec atteinte radique rectale. Le succès est obtenu dans 98% des cas avec 2 séances de moyenne et sans complications.
Feasability of endoscopic closure of an iatrogenic colon perforation occuring during colonoscopy. I. JOVANOVIC.
GASTROINTEST ENDOSC 2011; 73: 550-555.
Dans 12 cas de perforation colique endoscopique, un traitement endoscopique (clips) a été couronné de succès dans 5 cas: perforation de moins de 1 cm – positionnement facile – absence de contamination fécale péritonéale.
Gastrointestinal Endoscopy
Février 2011Effect of erythromycin before endoscopy in patients presenting with variceal bleeding: a prospective, randomized, double-blind placebo-controlled trial. I. ALTRAIF.
GASTROINTEST ENDOSC 2011; 73: 245-250.
Dans un groupe de 102 patients saignant de varices randomisés pour l’administration intraveineuse d’érythromycine (125 mg dans 50 cc de sérum physiologique en 10 minutes), les patients ayant reçu l’érythromycine avaient plus souvent un estomac vide (49% VS 23%), une endoscopie plus courte (19 min. VS 26 min.) et une hospitalisation plus courte (3,4 jours VS 5,1 jours).
Pancreatic stents for prophylaxis against post-ERCP pancreatitis: a metaanalys and systematic review. A. CHOUDHARY.
GASTROINTEST ENDOSC 2011; 73: 275-282.
La pose de prothèses pancréatiques lors d’ERCP de patients à haut-risque de pancréatites réduit de 80% le risqué de pancréatites aigues (5% VS 20%).
Clinical Gastroenterology and Hepatology
Février 2011Esophageal eosinophilic infiltration responds to proton pump inhibition in most adults. J. MOLINA-INFANTE.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2011; 9: 110-117.
Parmi 712 adultes avec symptômes oesophagiens, des biopsies du tiers moyen de l’oesophage ont montré une infiltration éosinophile (> 15 éosinophiles par champ au fort grossissement) chez 35 (4,9%). 75% ont répondu à un traitement aux IPP cliniquement et histologiquement. 50% des patients où l’oesophagite à éosinophiles a été soupçonnée (dysphagie – anneaux – etc…) ont répondu.
Un éditorial accompagnant l’article rappelle l’histoire du reflux où la présence d’éosinophiles était un des critères histologiques du reflux et souligne certaines implications clinique: avant d’opérer un reflux réfractaire, il convient malgré tout de rechercher une oesophagite à éosinophiles – avant de traiter une oesophagite à éosinophiles au long cours avec des stéroïdes, il faut faire un essai d’IPP. En conclusion, en présence d’une oesophagite à éosinophiles, il convient d’isoler un groupe de patients répondant aux IPP et de le distinguer de l’oesophagite à éosinophiles « idiopathique ».
Increased risk for malignant neoplasms among patients with cirrhosis. E. KALAITZAKIS.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2011; 9: 168-174.
L’étude d’un registre suédois de 1019 cirrhotiques de Göteborg a montré un risque d’hépatocarcinome multiplié par 267, mais surtout un risque de cancer extrahépatique multiplié par 2: œsophage X 8 – pancréas X 5 – colon et poumon X 3,6. C’est surtout vrai chez les alcooliques.
American Journal Of Gastroenterology
Février 2011EDIT. Reflux monitoring: on or off therapy? MF. VAEZI.
AM J GASTROENTEROL 2011; 106: 183-185.
Cet expert en « oesophagologie » considère 4 indications de pHmétrie. La plus fréquente est l’évaluation de patients réfractaires aux IPP (après un traitement agressif avec une double dose d’IPP). Il s’agit alors de documenter que le reflux n’est pas la cause des symptômes persistants et donc de réaliser la pHmétrie avec traitement. C’est le cas aussi quand on veut s’assurer que le contrôle du reflux est adéquat en cas de reflux compliqué (ex – Barrett). Dans les deux autres indications: reflux et endoscopie négative – symptômes de reflux après chirurgie anti-reflux, il convient de réaliser l’examen en l’absence de traitement antisécrétoire.
REVIEW. The clinical significance of serrated polyps. CS. HUANG.
AM J GASTROENTEROL 2011; 106: 229-240.
15 à 20% des cancers colorectaux viennent de polypes festonnés. Ils sont plus souvent sessiles, > 5 mm situés dans le colon ascendant et recouverts de mucus, donc moins faciles à déceler. Cela pourrait rendre compte des limitations de la coloscopie dans la prévention des cancers du colon droit.
Esophageal adenocarcinoma incidence in individuals with gastrooesophageal reflux: Synthesis and estimates from population studies. JH. RUBENSTEIN
AM J GASTROENTEROL 2011; 106: 254-260
L’adénocarcinome de l’oesophage est plus fréquent en cas de reflux, en dehors de l’oesophage de Barrett. Cette synthèse épidémiologique montre que ce risque est limité aux hommes après 50 ans ayant un reflux. Par exemple, à 70 ans, le risque d’adénocarcinome est 20 X celui de la femme du même âge avec reflux, tout en étant 1/3 du risque de cancer du colon.
Clinical Gastroenterology and Hepatology
Janvier 2011EDUCATION PRACTICE. Celiac disease and persistent symptoms. A. RUBIO‑TAPIA.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2011; 9: 13-17.
Quand les symptômes persistent, avant de songer à une maladie coeliaque réfractaire, après avoir fait voir le patient par une diététicienne, les causes fréquentes sont: une prolifération bactérienne de l’intestin grêle – une insuffisance pancréatique exocrine – une colite microscopique – un colon irritable.
Advanced age is an independent risk factor for severe infections and mortality in patients given anti-tumor necrosis factor therapy in inflammatory bowel disease. M. COTTONE.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2011; 9: 30-35.
Dans un groupe de 95 patients de plus de 65 ans traits par anti TNF (extraits d’un groupe de 2079 patients), 11% ont eu une infection sévère, 3% un cancer et 10% sont morts. Tant dans un groupe de plus de 65 ans non traités au TNF que dans un groupe de plus jeunes traités par anti TNF infections sévères, cancer et mortalité ne dépassaient pas 2%.
Prevalence and variable detection of proximal colon serrated polyps during screening colonoscopy. CJ. KAHI.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2011; 9: 42-46.
Parmi 6681 colonoscopies de dépistage réalisées par 15 endoscopistes académiques, le taux de détection de polypes festonnés proximaux (cad en amont de l’angle splénique) variait de 1 à 18% parmi les endoscopistes et était corrélé avec le taux de polypes adénomateux détectés (17 à 47%).
American Journal Of Gastroenterology
Janvier 2011Abuse, trauma and GI illness: is there a link? DA. DROSSMAN
AM J GASTROENTEROL 2011; 106: 14-25.
DA DROSSMAN a consacré sa vie et de nombreux travaux aux troubles digestifs fonctionnels. Il a été le premier à montrer que des abus sexuels pendant l’enfance sont présents dans 50% des cas de colon irritable sévère. Ceci a été confirmé par de nombreux travaux américains; les données européennes sont plus maigres et les données africaines inexistantes. Ces données sont retrouvées dans le colon irritable post-infectieux et très probablement dans les syndromes de stress post-traumatiques. La résonance magnétique cérébrale fonctionnelle montre des anomalies chez ces patients, anomalies améliorées en cas de traitement psychosomatique efficace ou médicamenteux (restauration neuronale?). A ajouter à l’anamnèse?
Risk of esophageal adenocarcinoma in achalasia patients, a retrospective cohort study in Sweden. K. ZENDEHDEL.
AM J GASTROENTEROL 2011; 106: 57-61.
Si le risque majoré de cancer épidermoide de l’œsophage dans l’achalasie est connu (et confirmé dans cette étude RR x 11), dans ce groupe de 2896 patients, le risque d’adénocarcinome est également nettement majoré (RR x 10,4).
Potential precipitating factors of esophageal variceal bleeding: a case-control study. WE. LIAO.
AM J GASTROENTEROL 2011; 106: 96-103.
Dans ce groupe de 240 patients avec hémorragie digestive d’origine variqueuse oesophagienne, la prise d’alcool multiplie le risque 16 X par rapport au groupe cirrhotique contrôle. Vomissements, constipation et toux sévère majorent le risque; ce qui suggère des conseils de prévention.
Outcome of patients with type 1 or 2 autoimmune pancreatitis. F. MAIRE
AM J GASTROENTEROL 2011; 106: 151-156.
44 patients avec une pancréatite auto-immune ont été suivis pendant une moyenne de 40 mois. La pancréatite auto-immune de type 1 est une pancréatite sclérosante à infiltrat lymphoplasmocytaire riche en cellules positives pour IgG4; la pancréatite de type 2 comprend un infiltrat riche en polynucléaires, pauvre en IgG4. La rechute est observée dans 27% des cas, plus fréquente en cas d’IgG4 sériques élevés; cette rechute peut répondre à l’azathioprine. Une atrophie pancréatique et une insuffisance fonctionnelle exocrine s’observent dans plus d’1/3 des cas. La survenue d’un diabète est fréquente dans le type1; l’association aux MICI est fréquente dans le type 2.
American Journal Of Gastroenterology
Décembre 2010Update on serologic testing in celiac disease. DA LEFFLER.
AM J GASTROENTEROL 2010; 105: 2520-2524.
La recommandation est simple: il faut doser les IgA totaux et les IgA antiTG (transglutaminase) qui ont une sensibilité et une spécificité de 98%. Il faut oublier les anticorps antigliadine IgA: leur valeur prédictive positive est de 18% (quand ils sont anormaux, un patient sur six a une maladie coeliaque). Par contre, s’ils sont négatifs, la maladie est exclue à 99%.
Randomized trial of urgent VS elective colonoscopy fort patients hospitalized with lower GI bleeding. L. LAINE.
AM J GASTROENTEROL 2010; 105: 2636-2641.
85 patients avec des rectorragies sévères (tachycardie – hypertension – etc…) ont eu une duodénoscopie et ont ensuite été randomisés entre coloscopie urgence (<12h) ou élective. Treize patients (15%) avaient une hémorragie digestive haute. En dehors de deux saignements diverticulaires actifs (dont un a récidivé après hémostase endoscopique), il n’y a pas de différence entre les deux groupes (durée de séjour – unités transfusées – coût). Chez 20% des patients, le saignement a été attribué à des hémorroïdes. Malgré le nombre insuffisant de patients pour des conclusions définitives, l’intérêt d’une coloscopie urgente n’est pas démontré. Celui d’une duodénoscopie est clair.
High prevalence of low-trauma fracture in chronic pancreatitis. AS TIGNOR.
AM J GASTROENTEROL 2010; 105: 2680-2686.
Dans une large étude de population comprenant 3192 patients avec un diagnostic de pancréatite chronique, 5% avaient une fracture non traumatique (colonne – hanche – poignet) ce qui est du même ordre que dans la maladie coeliaque, dans la maladie de Crohn et après gastrectomie et justifie peut-être la recherche d’ostéoporose. Ceci rappelle qu’en cas de pancréatite chronique, d’autres risques (vasculaires et oncologiques, causes majeures de décès) sont présents et justifient d’autant plus l’élimination des toxiques en cause: alcool – tabac.
Gastroenterology
Décembre 2010Proton pump inhibitor therapy impoves symptoms in postnasal drainage. MF. VAEZY.
GASTROENTEROLOGY 2010; 139: 1887-2893.
Dans un groupe de 75 patients avec un écoulement nasal postérieur chronique randomizes (placebo VS lansoprazole 2 x 30 mg), les IPP réduisent de façon significative (60%) les symptômes. Le résultat est obtenu sans relation avec un reflus (absence de symptômes – pHmétrie normale) ce qui fait évoquer entre autres un effet antiinflammatoire des IPP (démontré expérimentalement).
A national study of Helicobacter pylori infection in gastric biopsy specimens. A. SONNENBERG.
GASTROENTEROLOGY 2010; 139: 1894-1901.
Une très large etude américaine (78.895 patients) confirme que l’infection à H.pylori (gastrite chronique active – métaplasie) est inversément associée à la métaplasie de Barrett. H.pylori est toxique pour l’estomac, mais protège l’estomac ce qui fait écrire à certains que H.pylori a des bons côtés et que son absence modifie l’écologie du tube digestif, favorise les affections allergiques, etc…
Clinical Gastroenterology and Hepatology
Décembre 2010EDUCATION PRACTICE. A 24-year-old patient with Crohn’s disease starting immunosuppressive therapy: Vaccination issues to consider. SH.K. WASAM.
CLINICAL GASTROENTEROLOGY AND HEPATOLOGY 2010; 8: 1013-1016.
L’immunosuppression favorise les infections et les vaccins vivants sont contreindiqués pendant un traitement immunosuppresseur. D’où l’importance d’une anamnèse concernant les vaccinations avant un traitement à l’infliximab par exemple. Cela devra sans doute s’appliquer à tous les traitements immunosuppresseurs (stéroïdes – azathioprine – ….).
Gastrointestinal Endoscopy
Décembre 2010Isolated terminal ulcerations in asymptomatic individuals: natural course and clinical significance. HS. CHANG.
GASTROINTEST ENDOSC 2010; 72: 1226-1232.
Dans cette etude coréenne de plus de 50.000 patients subissant un dépistage colique, 93 avaient des ulcérations iléales. Un suivi moyen de 30 mois a montré: la disparition des ulcérations chez 2/3 – un diagnostic de tuberculose chez 2 patients, une maladie de Crohn chez un patient.
