Revue des revues
Acta Gastroenterologica Belgica
Septembre 2014GUIDELINE Belgian recommandations for the management of anemia in patients with inflammatory bowel disease. P. HIMDRYCKX.
ACTA GASTROENTEROL BELG 2014; 77: 333-344.
L’anémie (<12g/dl chez la femme – <13g/dl chez l’homme) est la manifestation extraintestinale la plus fréquente des MICI, présente chez 30 à 90% des patients. Le déficit en fer et l’inflammation en sont les causes les plus fréquentes, souvent combinées. Une saturation en fer de la transferrine <20% associée à une ferritine <30 ng/dl signe la sidéropénie, sidéropénie également présente en cas d’inflammation si la ferritine est <100 ng/dl. Le traitement évite la transfusion, consiste en traitement intraveineux si Hb <10,5 g/dl et en tentative de traitement oral sinon.
Clinical Gastroenterology and Hepatology
Septembre 2014Risks of serious infection or lymphoma with anti-tumor necrosis factor therapy for pediatric inflammatory bowel disease: A systematic review. PS. DUAI
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2014; 12: 1443-1451.
Cette analyse systématique de la littérature concerne 5558 patients pédiatriques atteints de maladie de Crohn et traités par anti TNF. Le risque d’infections graves est plus faible que chez les adultes traités par anti TNF, ou chez les enfants traités par stéroïdes. Le risque de lymphome n’est pas augmenté par rapport aux autres traitements du Crohn chez l’enfant ou par rapport aux anti TNF chez l’adulte. Le risque d’infection sévère est de 3% par année de suivi et celui de lymphome de 0,02% par année de suivi.
Postoperative therapy with infliximab prevents long-term Crohn’s disease recurrence. M. REBUEIRO.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2014; 12: 1494-1502.
Cette étude porte sur un petit nombre de patients (n=24) mais sur une période de 5 ans. Ils ont été randomisés au départ entre placebo et infliximab. Au bout d’un an, les patients traités ont arrêté le traitement et les patients sous placebo qui ont récidivé sont placés sous infliximab. L’analyse globale montre un taux de récidive de 94% et de chirurgie de 63% sous placebo VS 22 et 20% pour le groupe sous infliximab.
Clinical Gastroenterology and Hepatology
Août 2014Treatment of esophageal (noncardiac) chest pain: An expert review. E. COSS-ADAME.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2014; 12: 1224-1245.
Un expert (SC RAO) a revu 182 articles publiés sur le sujet, dont seuls 35 répondaient aux critères d’inclusion (ce qui suggère la « faiblesse » de certains autres). Après exclusion d’une cause cardiaque, 46% des patients ont un reflux et le premier traitement est la prise d’IPP matin et soir. En cas d’échec, un bilan fonctionnel est indiqué (manométrie – pHmétrie – distension au ballon). Sinon un test empirique de théophylline 150-250 mg, 2 x par jour, médication agissant comme analgésique viscéral et relaxant musculaire. En cas de troubles moteurs, la nifedipine, les nitrates et le diltiazem peuvent être efficaces. En cas d’hypersensibilité viscérale (oesophage irritable), imipramine, sertraline, venlafaxine à petite dose sont efficaces.
Gastrointestinal Endoscopy
Août 2014Guidelines on genetic evaluation and management of Lynch syndrome: A consensus statement by the VS multi-society task force on colorectal cancer.
GASTROINTEST ENDOSC 2014; 80: 197-220.
Cet article très détaillé est à lire … et impossible à bien résumer. A noter cependant comme recommandations: la déficience en MMR (altération générique caractéristique) est à rechercher sur toutes les tumeurs réséquées – une coloscopie est indiquée tous les 1-2 ans (y compris chez les parents du 1er degré) à partir de 25 ans – un dépistage du cancer de l’endomètre et du cancer de l’ovaire est indiqué tous les ans à partir de 30 ans – une hystérectomie et ovariectomie est nécessaire à 40 ans – une gastroscopie est indiquée tous les 2-3 ans – un dépistage du tractus urinaire annuel par analyse d’urines est conseillé.
Gastroenterology
Août 2014Comparison of magnetic resonance and balloon entéroscopic examination of the small intestine in patients with Crohn’s disease. K. TAKENAKA.
GASTROENTEROLOGY 2014; 147: 334-342.
100 patients japonais atteints de maladie de Crohn ont été soumis à une entérocolonographie par résonance magnétique et à une entéroscopie rétrograde qui a permis d’explorer en moyenne 200 cm au-dessus de la valve iléocoecale. Les résultats détaillés de l’intestin grêle montrent que la résonance est un bon examen pour déceler l’inflammation du grêle (sensibilité de 82% pour les lésions ulcérées) mais assez moyen pour la détection de sténoses, ne décelant les sténoses majeures (ne laissant pas passer l’entéroscope) qu’une fois sur deux !
Low rate of large polyps (> 9 mm) within 10 years after adequate baseline colonoscopy with no polyps. DA. LIEBERMAN
GASTROENTEROLOGY 2014; 147: 343-350.
Cette étude est extraite d’une base de données endoscopiques nationales américaines portant sur 264.184 coloscopies de dépistage. Les deux données importantes qui en ressortent sont la nécessité de répéter une endoscopie quand la première n’est pas de bonne qualité et la rareté de récidives en cas de bon examen initial négatif. 1806 patients ont eu une deuxième endoscopie endéans l’année suivant l’examen de dépistage initial où la préparation était insuffisante, où parfois l’examen incomplet: 6,5% avaient un polype > 9 mm CAD un taux similaire à celui des patients n’ayant pas eu de coloscopie. Les patients dépourvus de polype à l’examen initial, examinés entre 5 et 10 ans plus tard, n’avaient un gros polype (> 9 mm) que dans 3,7% des cas.
Clinical Gastroenterology and Hepatology
Juillet 2014Proton pump inhibitors reduce the size and acidity of the acid pocket in the stomach. WO. ROHOF.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2014; 12: 1101-1107.
La nourriture a un effet tampon sur l’acidité gastrique et pourtant la plupart des reflux acides sont postprandiaux. Ce paradoxe s’explique par l’existence d’une poche acide au-dessus de la nourriture et souvent associée à une hernie hiatale. Cette étude a mesuré différents paramètres (comme la pH-impédance métrie) ainsi que la présence, la localisation et l’importance de la poche acide évaluée après injection de pertechnate de Technetium 99 m, permettant une cartographie gastrique de la sécrétion acide chez les refluxeurx prenant des IPP le nombre de reflux acides est diminué, le nombre de reflux faiblement acides est augmenté, le nombre global de reflux inchangés. L’acidité de la poche correspond à celle du reflux. La poche réduit sa taille sous IPP et constitue le réservoir des reflux.
Increased risk of pancreatic adenocarcinoma after acute pancreatitis. S. MUNIGALA.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2014; 12: 1143-1150.
Parmi 710 patients américains ayant un cancer du pancreas, 12,1% ont eu une pancréatite aigue préalable, 10,7% endéans les 2 ans. Le risque relatif de cancer est de 66 lors de la première année après la pancréatite aigue. Inversément, 1,5% des pancréatites aigues sont associées à un cancer du pancréas. Le risque augmente à partir de 40 ans, et augmente de 25% chaque décade. Ceci pousse à un usage plus large de l’échoendoscopie, seule à pouvoir déceler les petits cancers.
Gastrointestinal Endoscopy
Juillet 2014Increasing duodenal intraepithelial lymphocytosis found at upper endoscopy: timetrends and associations. E. SHMIDT.
GASTROINTEST ENDOSC 2014; 80: 105-111.
Sur une période de 10 ans et de 15.839 biopsies duodénales, la fréquence de lymphocytose intraépithéliale (> 25 lymphocytes/100 cellules) a plus que triplé à la Mayo Clinic passant de 3 à 10,9%. Une maladie coeliaque était retrouvée dans 36,3% des lymphocytoses en 2000, chutant à 14,6% en 2010. De nouvelles associations (étiologies potentielles) apparaissent: prolifération bactérienne du grêle 15% – AINS 13,4%. Elles sont donc à rechercher en cas de lymphocytose intraduodénales.
Gastroenterology
Juillet 2014Salmonella gastroenteritis during childhood is a risk factor for irritable bowel syndrome in adulthood. C. CREMON
GASTROENTEROLOGY 2014; 147: 69-77.
En 1994, une épidémie de gastroentérites à Salmonella a touché 1811 patients, principalement des enfants, à Bologne. Seize ans plus tard, 757 ont été interviewés et comparés à un groupe contrôle. Le risque de colon irritable est doublé chez ces adultes ayant présenté pendant l’enfance une gastroentérite. Voilà qui élargit nos connaissances de l’histoire naturelle du colon irritable post-infectieux. Reste, entre autres, voir si les anomalies constatées dans le microbiote intestinal dans le colon irritable post-infectieux persistent à long terme.
Gastrointestinal Endoscopy
Juin 2014Incidence of esophageal adenocarcinoma in Barrett’s esophagus with low-grade dysplasia: a systematic review and metaanalysis. S. SINGH.
GASTROINTEST ENDOSC 2014; 79: 897-909.
La revue analyse 24 études portant sur 2694 patients ayant un Barrett avec dysplasie de bas-grade avec 118 cas d’adénocarcinome. L’incidence annuelle d’adénocarcinome de l’œsophage est de 0,54% alors que la mortalité annuelle (hors œsophage) est de 4,7%. Il est plus utile pour le patient que le médecin ne se limite pas à regarder l’œsophage mais considère l’ensemble des facteurs de risque (tabac – alcool – obésité – etc…).
Metabolic syndrome and smoking may justify earlier colorectal cancer screening in man. LC. CHANG.
GASTROINTEST ENDOSC 2014; 79: 961-969.
Cette étude de Taiwan porte sur 10.884 coloscopies de dépistage. Le syndrome métabolique et le tabac majorent fortement le risque de polype et de cancer chez l’homme de 40 à 49 ans en le doublant, ce risque étant supérieur à celui de la femme de 50 à 59 ans. Le nombre de coloscopies nécessaires pour détecter une « néoplasie avancée » (advanced neoplasm = polype > 1 cm ou composante villeuse ou dysplasie de haut grade ou cancer) en cas de tabagisme et de syndrome métabolique est de 14 chez l’homme de 40-49 ans et de 47 chez la femme de 50 à 59 ans.
Acta Endoscopica
Juin 2014Place des prothèses coliques dans la stratégie thérapeutique du cancer colorectal. Recommandations de la SFED et de la FFCD.
ACTA ENDOSC 2014; 44: 208-2018.
Après la période d’enthousiasme vient la période de la réflexion! En voici quelques éléments: une discussion médicochirurgicale doit précéder toute décision thérapeutique – la dilatation préalable est contre-indiquée – en cas de visée curative, la mise en place d’une prothèse préalable à la chirurgie n’est pas recommandée – les prothèses recommandées sont métalliques autoexpansives, non couvertes et d’au moins 4 cm plus long que la sténose – il faut éviter la coexistence d’une prothèse colique et d’un traitement antiangiogénique.
