Revue des revues
Gastroenterology
Novembre 2012Burden of gastrointestinal disease in the United States: 2012 Update. AF. PEERY.
GASTROENTEROLOGY 2012; 143: 1179-1187;
Avoir une vue globale des maladies digestives dans le pays manque dans nos contrées sans parler de l’Afrique. L’article présente un tableau global de la situation aux USA, à partir de différentes sources. La plainte la plus fréquente: les douleurs abdominales. Le diagnostic le plus fréquent: le reflux. Les causes les plus fréquents d’hospitalisation: pancréatite aigue – lithiase biliaire – diverticulite aigue. Les cancers les plus fréquents: colon et rectum (près de 2/3 des cas avec une survie à 5 ans de 2/3) – pancréas. Voilà de quoi orienter nos lectures (à quand la dernière publication sur la diverticulite aigue?) et notre enseignement.
Enoxaparine prevents portal vein thrombosis and liver decompensation in patients with advanced cirrhosis. E. VILLA.
GASTROENTEROLOGY 2012; 143: 1253-1260
Dans cette petite étude randomisée de 70 cirrhotiques avancés, une héparine de bas-poids moléculaire (enoxaparine) donnée pendant 12 mois a réduit de façon significative: la thrombose veineuse portale (0% VS 16,6%) – les décompensations hépatiques (11,7% VS 59,4%) – les infections bactériennes (8,8% VS 33,3%). Cette étude préliminaire doit être élargie et confirmée mais suggère que la vision de la cirrhose comme une maladie faisant « saigner » est un peu simple.
Clinical Gastroenterology and Hepatology
Novembre 2012Treatment of necrotizing pancreatitis. S. VAN BRUNSCHOT.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2012: 10: 1190-1201.
Cet article de synthèse sur la pancréatite aigue nécrosante nous vient des Pays-Bas, source de plusieurs essais contrôlés sur le sujet. Le message principal: le traitement doit être le moins agressif et le plus tardif possible. La nécrose stérile ne nécessite pas de drainage. La nécrose infectée doit être drainée le plus tard possible et d’abord par voie percutanée (suffisante une fois sur trois) ou endoscopique, avant d’envisager une nécrosectomie chirurgicale (miniinvasive par voie rétropéritonéale) ou endoscopique (quand l’équipe en a l’expérience!).
Efficacy of buspirone, a fundus-relaxing drug, in patients with functional dyspepsia. J. TACK
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2012: 10: 1239-1245.
La buspirone, anxiolytique, agoniste de la 5-hydroxytryptanine, à la dose de 10 mg 3x/j améliore de façon significative les symptômes dyspeptiques liés à un trouble de l’accommodation gastrique, de la relaxation fundique, à savoir le ballonnement, la satiété rapide.
Endoscopic skipping of the distal terminal ileum in Crohn’s disease can lead to negative results from ileocolonoscopy. S. SAMUEL.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2012: 10: 1253-1259.
L’analyse de 189 patients consécutifs atteints de maladie de Crohn ayant eu une colonoscopie et un entéro CT dans un centre tertiaire (Mayo clinic) montre un iléon normal chez 43,8%. Néanmoins, la moitié avait une atteinte de l’intestin grêle. 1/3 d’entre eux avaient une atteinte proximale – 2/3 avaient une atteinte intramurale et mésentérique. L’endoscopie n’a donc pas le dernier mot!
Endoscopy
Octobre 2012Mortality in Barrett’s esophagus: three decades of experience at a single center. CPJ CAYGILL
ENDOSCOPY 2012; 44: 892-898.
L’étude d’une cohorte prospective de 1239 patients avec œsophage de Barrett à un seul centre en Grande Bretagne entre 1978 et 2009 montre que globalement, la mortalité est augmentée significativement et cela uniquement à cause de l’adénocarcinome de l’œsophage (x 25). Voilà qui apporte de l’eau au moulin de la surveillance endoscopique surtout depuis la possibilité de traitements endoscopiques.
Warm water infusion colonoscopy: a review and meta-analysis. T. RABENSTEIN.
ENDOSCOPY 2012; 44: 940-948.
L’analyse a porté sur 9 études groupant 1283 patients. L’usage d’eau chaude en lieu et place de l’insufflation d’air réduit de moitié la nécessité d’analgésiques pour une coloscopie, sans réduire le taux de détection d’adénomes. Elle réduit cependant le taux d’intubation coecale. La technique hybride (usage d’eau chaude et courtes insufflations d’air en cas de nécessité) réduit les analgésiques et pas le taux d’intubation coecale. A conseiller donc quand les possibilités d’analgésie et de sédation sont limitées.
Gastrointestinal Endoscopy
Octobre 2012Practice patterns of surveillance endoscopy in a Veterans Affairs database of 29504 patients with Barrett’s esophagus. HB EL SERAG.
GASTROINTEST ENDOSC 2012; 76: 743-755.
A l’opposé de l’article de GUPTA (ci-dessus) comprenant un groupe sélectionné de patients examinés par des experts dans un centre tertiaire, l’expérience courante aux USA n’est pas aussi brillante: dans un groupe de près de 30.000 patients suivis une moyenne de 3.8 années pour un œsophage de Barrett, seuls 45% ont eu au moins une endoscopie. Voilà qui est loin des 95% de gastroentérologues qui déclarent recommander ou suivre les conseils officiels de surveillance, à savoir un examen tous les 3 ans en l’absence de dysplasie préalable sur les biopsies.
Gastroenterology
Octobre 2012Effects of bariatric surgery on glucose homeostasis and type 2 diabetes. REVIEW. D. BRADLEY
GASTROENTEROLOGY 2012; 143: 897-912.
Les chirurgies bariatriques (à l’exception du banding) guérissent le diabète type 2 dans 2/3 des cas au moins. La chirurgie bariatrique est la plus fréquente aux USA… et augmente chez nous.
Transfer of intestinal microbiota from loan donors increases insulin sensitivity in indivinduals with metabolic syndrome. A. VRIEZE.
GASTROENTEROLOGY 2012; 143: 903-916.
Cet article est cité pour attire l’attention sur le microbiote intestinal (nouveau nom de la flore, plus moderne) et sur son rôle important dans l’obésité (et la maladie de Crohn etc.).
Second cancers and residual disease in patients treated for gastric mucosa-associated lymphoid tissue lymphoma by Helicobacter pylori eradication and followed for 10 years. TH. WUNDISCH.
GASTROENTEROLOGY 2012; 143: 936-942.
Le suivi de 120 patients porteurs de MALTOME gastrique associés à Helicobacter pylori montre que, après éradication, même s’il persiste des signes histologiques de lymphome, il n’y a jamais de récidive mais il existe un risque majoré de lymphome non-Hodgkinien et un risque de cancer gastrique majoré.
Parmi les 5 adénocarcinomes gastriques, 3 ont pu faire l’objet de résection endoscopique.
Clinical Gastroenterology and Hepatology
Octobre 2012Diagnosis and management of eosinophilic esophagitis. ES. DELLOW
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2012: 10: 1066-1078.
L’œsophagite à éosinophiles est une condition clinicopathologique car nécessitant symptômes et anomalies objectives dont aucune n’est spécifique. Les auteurs proposent une approche diagnostique globale et revoient tous les éléments diagnostiques et thérapeutiques. Les symptômes (par exemple une dysphagie chez un sujet jeune avec une endoscopie normale, ou une impaction œsophagienne sans cause) mènent à une endoscopie avec des biopsies œsophagiennes. Si une de celles-ci montre plus 15 éosinophiles par champ, il faut d’abord exclure d’autres causes telle une gastroentérite à éosinophiles. Il faut ensuite donner un traitement antireflux: IPP simple ou double dose matin et soir pendant 8 semaines. En effet, il existe une entité répondant aux antisécrétoires: l’éosinophilie œsophagienne répondant aux IPP. Ce n’est qu’alors que le traitement classique de stéroïdes topiques ou de régime antiallergique est instauré. Suite dans l’article très bien documenté.
Robot-assisted endoscopic submucosal dissection is effective in treating patients with early-stage gastric néoplasia. SJ. PHEE;
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2012: 10: 1117-1121.
Juste pour votre culture générale: les robots arrivent. « Robotic endoscopy: A small case series, a giant step for endoscopy » dit l’éditorial commentant l’article.
Gastroprotective therapy does not improve outcome in patients with Helicobacter pylori-negative idiopathic bleeding ulcers. GLH. WONG.
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2012: 10: 1124-1129.
663 patients ont été suivis une moyenne de 32 mois après une hémorragie digestive d’origine ulcéreuse, en l’absence d’HP. 85% ont eu un traitement gastroprotecteur dans le suivi. Une récidive hémorragique a été observée pour 3,8 pour 100 personnes/année, soit un taux semblable à ceux qui n’ont pas eu de traitement gastroprotecteur, et nettement supérieur aux patients éradiqués pour HP (1,1%).
Patients with celiac disease have an increased risk for pancreatitis. O. SADR-AZODI
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2012: 10: 1132-1146.
L’analyse du registre suédois de cœliaques (n=28.908) montre que le risque de pancréatite aigue est multiplié par 2 et celui de pancréatite chronique par 3.
Gastrointestinal Endoscopy
Septembre 2012Longer inspection time is associated with increased detection of high-grade dysplasia and esophageal adenocarcinoma in Barrett’s esophagus. M. GUPTA.
GASTROINTEST ENDOSC 2012; 76: 531-538.
112 patients porteurs d’un oesophage de Barrett ont été examinés par 11 endoscopistes. Chez 57 patients, 116 lésions suspectes ont été relevées et chez 38 (33,9%) une dysplasie de haut grade ou un adénocarcinome ont été retrouvés histologiquement. L’élément nouveau est la relation entre le temps pris pour examiner la muqueuse métaplasique et le pourcentage de dysplasies sévères. Les endoscopistes ayant passé plus d’une minute par centimètre de muqueuse métaplasique détectent plus de lésions suspectes: 54% VS 13%. Comme dans le colon pour la détection de polypes, en cas de Barrett, un long regard est plus efficace qu’un rapide coup d’œil.
Gastroenterology
Septembre 2012Editorial. Barrett’s esophagus: Who should receive ablation and how can we get the best results? J. BERGMAN.
GASTROENTEROLOGY 2012; 143: 524-526.
Trois articles traitant de l’ablation de la muqueuse métaplasique (Barrett) par radiofréquence sont commentés.
Le premier fait l’analyse coût-efficacité des indications: le traitement des dysplasies de haut grade est efficace et économique – celui des dysplasies de bas grade confirmés l’est peut-être. En l’absence de dysplasie, le traitement n’est pas justifié.
Le second article signale 3 cas de cancer intramuqueux après ablation par radiofréquence après 6, 9 et 24 mois respectivement.
Le troisième article souligne l’importance d’un reflux acide persistant dans la persistance de tissu métaplasique après radiofréquence, les autres facteurs étant la longueur du Barrett et la présence d’une hernie hiatale.
Prevention of esophageal stricture after endoscopic submucosal dissection using tissue-engineered cell sheets. T. OHKI
GASTROENTEROLOGY 2012; 143: 582-588.
La médecine régénérative endoscopique est née et consiste à placer des « pastilles » cellulaires (feuilles épithéliales de culture cellulaire obtenues à partir de prélèvements de cellules buccales du patient) au niveau de la résection endoscopique, pour éviter les sténoses.
Clinical Gastroenterology and Hepatology
Septembre 2012The prevalence and diagnostic utility of endoscopic features of eosinophilic esophagitis: A meta-analysis. HP. KIM
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2012: 10: 988-996.
L’analyse porte sur 4678 patients et 2742 contrôles. L’endoscopie est normale en cas d’œsophagite à éosinophile dans 17% des cas (7% si on se limite à des études prospectives). Les anomalies sont: rainures linéaires 48% – anneaux multiples 44% – pâleur et vascularisation diminuée 41% (surtout chez l’enfant) – exsudats blanchâtres 27% – sténoses 21% – calibre global diminué 9%. La sensibilité de ces anomalies est modeste (15 à 48%), la spécificité est élevée (>90%), la valeur prédictive positive est de 51 à 73%.
Patients enrolled in randomized control trials do not represent the inflammatory bowel disease patients. C. HA
CLIN GASTROENTEROL HEPATOL 2012: 10: 1002-1007.
Parmi les 206 patients de centres tertiaires, seuls 31% pourraient être inclus dans les essais thérapeutiques récents. Cela pose la question de l’efficacité thérapeutique dans les 2/3 exclus et dans les autres populations n’appartenant pas aux centres tertiaires.
Effects of cancer treatment on inflammatory bowel disease remission and reactivation. JE. AXELRAD.
En cas de MICI active, 2/3 obtiennent une rémission pendant une chimiothérapie cytotoxique pour un cancer. En cas de maladie inactive, le risque de rechute inflammatoire est multiplié par 10 en cas d’hormonothérapie.
Gastroenterology
Août 2012Decreasing risk of colorectal cancer in patients with inflammatory bowel disease over 30 years. T. JESS
GASTROENTEROLOGY 2012; 143: 375-381.
Une étude de population danoise portant sur une cohorte de 47.374 patients et sur une période de 30 ans montre une réduction du risque de cancer colorectal dans les maladies inflammatoires, risque semblable à celui de la population générale. En cas de colite ulcéreuse un risque majoré de cancer existe dans certains sous-groupes: début dans l’enfance ou l’adolescence – longue durée de la maladie – présence d’une cholangite sclérosante.
Risk of melanoma and nonmelanoma skin cancer among patients with inflammatory bowel disease. MD. LONG.
GASTROENTEROLOGY 2012; 143: 390-399.
L’immunosuppression augmente le risque de cancer de la peau dans les maladies inflammatoires. Le risque de mélanome est presque doublé en cas d’usage d’anti-TNF. Le risque des autres cancers de la peau est presque doublé en cas d’usage de thiopurines. Les auteurs recommandent donc une prudence pour l’exposition au soleil et un examen dermatologique annuel.
