Revue des revues
Gastroenterology
Juillet 2015Fecal microbiota transplantation induces remission in patients with active ulcerative colitis in a randomized controlled trial. P. MOAYYEDI.
GASTROENTEROLOGY 2015; 149: 102-109.
Cette étude randomisée de 70 patients avec une colite ulcéreuse active montre qu’une transplantation de selles par lavement est plus efficace qu’un lavement placebo avec une rémission de 24% VS 5%.
Findings from a randomized controlled trial of fecal transplantation for patients with ulcerative colitifs. NG. ROSSEN.
GASTROENTEROLOGY 2015; 149: 110-118.
Cette étude randomisée de 50 patients des Pays-Bas avec une colite ulcéreuse active suggère que la transplantation fécale (par tube nasoduodénal) n’est pas plus active que la reinjection des propres selles du patient: les taux de rémission sont de 30,4% et 20%.
L’éditorial accompagnant les articles conclut à juste titre qu’il et trop tôt pour se prononcer.
Update on fecal microbiota transplantation 2015: Indications, methodologies, mechanism and outlook. CR. KELLY.
GASTROENTEROLOGY 2015; 149: 223-237.
La seule indication clinique actuelle de la transplantation fécale est la colite à clostridium difficile récidivante. Les autres indications: IBD, obésité, etc… sont expérimentales. L’article insiste sur le choix des donneurs et les précautions qui ne se limitent pas à l’exclusion de germes pathogènes dans les selles. Il y a lieu d’écarter les sujets à risque: obèses – syndromes douloureux chroniques – maladies immunitaires – etc… et de s’assurer de l’absence des virus A, B, C, HIV. A lire par les futurs usagers de la techniques.
Gastroenterology
Juin 2015Population – representative incidence of drug-induced acute liver failure based on an analysis of an integerated health care system. DS. GOLDBERG.
GASTROENTEROLOGY 2015; 148: 1353-1361.
Cette étude de population (5 millions en Californie) portant sur 7 ans que 51,6% des hépatites fulminantes sont dues à des médicaments et parmi eux 56% sont dus à la prise de paracétamol (mortalité de 5,6% VS 21,4% pour les autres). Les herbes et compléments diététiques sont responsables de 18,8%.
Features and outcomes of 899 patients with drug-induced liver injury: THE DILIN prospective study. N. CHALASANI.
GASTROENTEROLOGY 2015; 148: 1340-1352.
Une étude prospective des atteintes médicamenteuses hépatiques (DILIN = drug induced liver injury network) a relevé entre 2004 et 2013, 899 cas parmi les institutions académiques participant au relevé. Les antibiotiques sont en cause dans 45% des cas, les herbes et compléments alimentaires dans 16%. Parmi les antibiotiques la combinaison amoxicilline clavulanate rend compte de près du quart des hépatotowiques (n=91), suivis par l’isoniazide (n=48), la nitrofurantoine (n=42), la cominaison sulfamethoxazole – trimethoprim (n=31), la minocycline (n=28). La mortalité est plus élevée en cas de maladie préexistante (16% VS 5,2%).
Gastroenterology
Mai 2015Anxiety is linked to new-onset dyspepsia in the Swedisch population: a 10-year follow-up study. P. ARO
GASTROENTEROLOGY 2015; 148: 928-937
La dyspepsie fonctionnelle est associée à l’anxiété mais lequel causerait l’autre? Cette étude de population suédoise (n=3000) a évalué à 10 ans d’intervalle. Au départ 15,9% des patients étaient dyspeptiques et ceci était associé à l’anxiété (OR x 4,8). Les patients anxieux au départ et non dyspeptiques avaient 7,6 fois plus de risque de développer des plaintes postprandiales au cours des 10 ans. Par contre, aucune relation n’a été signalée entre reflux et anxiété.
Measurement of fecal calprotectine improves monitoring and detection of recurrence of Cronh’s disease after surgery. EK. WRIGHT.
GASTROENTEROLOGY 2015; 148: 938-947
Cette étude australienne a évalué de façon prospective 135 patients opérés de maladie de Crohn et évalués 6, 12 et 12 mois après l’intervention par le CDAI (Crohn’s Disease Activity Index), la CRP et la calprotectine fécale et par coloscopie après 12 et 12 mois. CRP et CDAI ne montrent pas de corrélation avec la récidive coloscopique au contraire de la calprotectine. Le taux habituel de 50 microgrammes/gramme de selle détecte 96% des récidives (sensibilité), a une haute valeur prédictive négative: 93% mais manque de spécificité (38%) et de valeur prédictive positive (44%). Un seuil de 135 a une sensibilité de 91%, une valeur prédictive négative de 93% mais une meilleure sensibilité: 62%. En cas de récidive endoscopique, la calprotectine fécale va chuter après traitement et est donc utile pour suivre son efficacité.
L’éditorial accompagnant l’article propose d’adapter la surveillance post-opératoire en fonction du risque. En cas de risque élevé, la coloscopie est indiquée après 6 mois et est à répéter. En cas de risque modéré, on dose la calprotectine tous les 3 à 6 mois et une coloscopie est réalisée si la calprotectine est supérieure à 50. En cas de risque faible, même chose mais avec un seuil de 100.
Accuracy of capsule colonoscopy in detecting colorectal polyps in a screening population. DK REX.
GASTROENTEROLOGY 2015; 148: 948-957.
Cette étude de 884 patients américains évalué par une capsule de 2ième génération et par coloscopie montrent une sensibilité de 88% pour les polypes adénomateux de plus de 6 mm mais de 26% pour les polypes dentelés (servated polyps).
Decreasing mortality among patients hospitalized with cirrhosis in the United States from 2002 through 2010. ML. SCHMIDT.
GASTROENTEROLOGY 2015; 148: 967-977.
Sur 10 ans, la mortalité hospitalière des cirrhotiques (781.515 patients) a été réduite de moitié (de 9,1 à 5,4%) malgré une augmentation de l’âge et des comorbidités.
Association between psychological distress and liver disease mortality: A meta-analysis of individual study participants. TC. RUSS.
GASTROENTEROLOGY 2015; 148: 958-966.
Une large analyse de 166.631 patients au Royaume Uni montre que la détresse psychologique multiplie par près de 3 le risqué de mortalité même s’il est difficile de savoir où est l’œuf et où est la poule, c’est un facteur dont il faut tenir compte.
Gastroenterology
Avril 2015Abdominothoracic mechanisms of functional abdominal distension and correction by biofeedback. E. BARBA.
GASTROENTEROLOGY 2015; 148. 732-739.
Le ballonnement visible a été évalué chez 45 patients fonctionnels à l’état basal et au moment du ballonnement: CT scan thoraco-abdominal – EMG du diaphragme, des muscles intercostaux et de la paroi abdominal antérieure. Le ballonnement est objectif: augmentation de 3 cm du périmètre abdominal, associé à une augmentation d’un litre de gaz intra-abdominal. Le ballonnement est associé à: un gonflement de la poitrine – une descente du diaphragme – une relaxation des muscles obliques interne et externe. Le biofeedback guidé par l’EMG a permis de corriger objectivement et subjectivement le ballonnement. Ces données importantes sur le plan physiopathologique doivent bien sûr être confirmés et n’offriraient une piste thérapeutique qu’après échec des mesures diététiques et pharmacologiques standard, insistent les auteurs.
American Gastroenterological Association institute guideline on the diagnosis and management of asymptomatic neoplastic pancreatic cysts. SS. VEGE.
GASTROENTEROLOGY 2015; 148. 819-822.
Cette synthèse basée sur 1500 articles et suivi d’un article technique plus détaillé base sur 250 références simplifie le suivi des kystes pancréatiques. Si le kyste fait moins de 3 cm, est dépourvu de composante solide et n’est pas associé à une dilatation du canal de wirsung, il suffit de contrôler après 1 an, 3 ans et puis 5 ans (dernier examen). Si au moins 2 anomalies sont présentes au départ ou s’il y a changement lors du suivi une échoendoscopie avec ponction est indiquée. Si l’analyse du liquide est rassurante, suivi (par résonance magnétique) après 1 an, 3 ans, 5 ans.
Telles sont les recommandations américaines de l’AGA basées cependant sur des évidences de très faible qualité. Ce qui expliquer les 3 éditoriaux qui accompagnent l’article, et qui apportent des nuances.
Gastroenterology
Février 2015Mucosal impedance discriminates GERD from non-GERD conditions. F. ATES.
GASTROENTEROLOGY 2015; 148: 334*343.
Cette étude permettra peut-être d’élargir les possibilités diagnostiques au cours de la gastroscopie: une sonde (prototype non commercialisé) est passée dans le canal opérateur de l’endoscope, appliquée contre la muqueuse oesophagienne et l’impédance est mesurée entre deux anneaux situés au bout du cathéter. L’impédance est abaissée en cas d’oesophagite, en cas de reflux acide (mesuré par pHmétrie) sans oesophagite et dans les cas d’oesophagite à éosinophiles (valeurs anormales tout le long de l’œsophage). Chez les patients porteurs d’une oesophagite érosive, les valeurs se normalisent après traitement par IPP.
Si cela se confirme, cela permettra en cours d’endoscopie d’affiner le diagnostic dans les plaintes oesophagiennes et de faire rapidement la différence entre pathologie muqueuse et plaintes fonctionnelles (et/ou troubles moteurs).
Gastroenterology
Janvier 2015Comparative efficacy of pharmacologic interventions in preventing relapse of Crohn’s disease after surgery: A systematic review and network meta-analysis. S. SINGH.
GASTROENTEROLOGY 2015; 148: 64-76.
Cette revue, analyse détaillée, permet des conclusions claires: le budésonide n’a aucune efficacité sur la prévention de la récidive de maladie de Crohn après résection chirurgicale – la mésalamine réduit d’1/3 les récidives cliniques mais pas les récidives endoscopiques – antibiotiques, immunomodulateurs ou leur association réduisent franchement les récidives cliniques et endoscopiques – les anti TNF réduisent très fortement ces risqué (RR <0,1) et sont donc à utiliser en cas de risqué élevé de récidive ou de danger élevé en cas de récidive (patient ayant déjà subi plusieurs résections par exemple).
