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Commentaires sur l'actualité Jean-Luc Van Laethem Un titre reconnaissant le spécialiste en oncologie médicale… A la surprise générale, si l'on s'en réfère au contexte antérieur concernant l'organisation globale de l'oncologie en Belgique, un arrêté ministériel est paru au Moniteur le 14 juin 2006, fixant des nouveaux critères de reconnaissance de l'oncologie médicale, accessible uniquement via la formation de base en médecine interne , après 3 années de tronc commun et 3 années en oncologie médicale. Dans cet arrêté, on retrouve notamment des critères très complets et très détaillés conduisant à une formation d'un spécialiste censé connaître toute la médecine interne, toute la physiopathologie du corps humain, tous les mécanismes du cancer, toutes les formes de tumeurs (solides) et tous les aspects de la cancérogenèse, du dépistage, du diagnostic, du staging, du traitement multimodal, chirurgical, radiothérapeutique, médicamenteux, experimental, technique et palliatif, du pronostic et du suivi... Sur le papier, il s'agit d'un texte qui a le mérite de définir un spécialiste quasi parfait en oncologie et une spécialité qui justifie certainement une orientation et un titre spécifique comme c'est le cas dans de nombreux pays en Europe et aux USA. La communauté médicale impliquée dans la prise en charge des cancers en Belgique et regroupant l'ensemble des spécialistes d'organe , les radiothérapeutes et les chirurgiens s'interroge cependant sur l'applicabilité de cet arrêté et s'insurge également sur la raison de d’abroger purement et simplement, sans aucune concertation, l'arrêté du 11 mars 2003 , ayant conduit après de multiples et longues discussions à l'établissement d’une compétence spécifique pour les différents spécialistes impliqués en Oncologie et reconnus tels quels dans le programme de soins en Oncologie par arrêté royal. Une telle décision va donc à l'encontre total de ce qui avait été construit ces dernières années, qui se mettait en place partout en Belgique et qui fonctionnait de mieux en mieux de manière constructive, en se reposant sur une médecine multidisciplinaire, poussant vers l'avant des soins oncologiques d’une qualité reconnue par tous . En abrogeant l'arrêté de 2003 sans aucune concertation avec les différents spécialistes impliqués dans le cancer, les législateurs dénient le travail énorme réalisé par ceux-ci ces 10 dernières années et risquent de figer le développement qualitatif de l'oncologie multidisciplinaire en jetant le doute sur le rôle de nombreux médecins s'étant profondément investi pour offrir des soins oncologiques de qualité à leurs patients. En effet, de nombreux médecins spécialistes, et l'exemple des gastro-entérologues et des pneumologues est tout à fait représentatif et illustratif, n'avaient pas attendu l'arrêté de 2003 pour se former et s'investir sans retenue dans le traitement des cancers digestifs. En évoquant l'AM du 14 juin 2006, tout en reconnaissant objectivement la justification d'un titre pour les oncologues médicaux et sans entrer dans une polémique stérile, on ne peut s'empêcher d'émettre les réflexions suivantes :
En conclusion, tenant compte de l'évolution exponentielle de l'oncologie, il y a certainement lieu de trouver des solutions constructives où tous les acteurs impliqués mettront leurs compétences, de manière égalitaire, complémentaire et reconnue, au service du patient oncologique pour lui offrir les meilleurs soins. Reconnaître un titre en oncologie médicale est une des étapes intermédiaires d'un processus réaliste qui doit intégrer d'une manière concertée et visible les différents spécialistes d'un programme oncologique de qualité. Nous continuerons nos efforts pour faire reconnaître cela à nos dirigeants. Jean-Luc Van Laethem Juillet 2006 |
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